Révolutionnaire : des embryons développés en laboratoire, sans gamètes ni utérus

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Le mois de mars 2021 a vu l’arrivée de deux percées gigantesques pour mieux comprendre le développement embryonnaire : la création des premiers embryons artificiels humains et le développement embryonnaire ex utero chez la souris.

Deux fenêtres sur les premières étapes de la vie viennent d’être ouvertes. De vrais exploits, car peu de choses sont aussi difficiles à étudier que le développement embryonnaire humain. Les obstacles sont en effet nombreux : l’embryon est minuscule, il se développe très rapidement, il est difficilement observable in vivo (au chaud dans l’utérus de sa mère) et des barrières éthiques limitent son étude in vitro à 14 jours*. Cette limite, respectée dans le monde entier, et parfois même inscrite dans les lois nationales, a été imposée pour empêcher la création de bébés en laboratoire. Mais trois études parues le 17 mars 2021 dans le journal Nature pourraient changer la donne significativement, en nous permettant d’observer de près le développement des embryons humains. En effet, les deux premières études expliquent comment concevoir un embryon artificiel avec des cellules souches, et la troisième propose une solution pour cultiver un embryon dans un réceptacle transparent, ce qui permet d'observer au plus près son évolution.

Des embryons sans spermatozoïde ni ovule

Les deux premières études, publiées simultanément, émanent de labos en et au (États-Unis). Indépendamment l'une de l'autre, ces équipes scientifiques ont donc réussi à créer les premiers embryons artificiels humains complets à partir de cellules souches. “C’est vrai que plusieurs équipes avaient déjà tenté de le faire sans réussir à créer toutes les lignées cellulaires nécessaires. Nous avons vu que la clé était les cellules de départ, il fallait que ces cellules ressemblent le plus possible aux cellules embryonnaires dites 'naïves', présentes dans les étapes précoces du développement”, explique à Sciences et Avenir Jun Wu, auteur de la deuxième étude et directeur de laboratoire au Centre médical Southwestern de l’Université du Texas (États-Unis).

Car ces cellules “naïves” ont la capacité de générer toutes les lignées cellulaires présentes dans le blastocyste, étape embryonnaire où l’embryon se sépare en u[...]

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