Réveil écolo chez les Athéniens

Après le cri des associations écologiques, ce sont les juges, les avocats et plusieurs associations de juristes qui dénoncent le désastre écologique grec de ce début d’été 2007 et parlent d’omissions criminelles ayant conduit à la destruction du mont Parnès, dernier poumon vert d’Athènes. L’incendie du début du mois de juillet [qui a duré quatre jours] a dévasté, selon le WWF, 4 200 hectares de forêts, dont près de 2 000 hectares dans le parc naturel du massif. Le gouvernement, lui, estime que les dégâts ont touché 2 500 hectares, dont 1 000 dans le parc naturel.
Les magistrats et les juristes pensent que cet incendie, comme la centaine d’autres foyers qui se sont déclarés dans tout le pays, n’est pas qu’un phénomène naturel ou la conséquence d’une conjonction propice au maintien des flammes, de vents forts et du manque d’eau dans les nappes phréatiques. “C’est surtout le triste résultat de la dévalorisation constante des forêts, des littoraux et, plus généralement, de l’environnement qui règne en Grèce”, assurent les signataires du communiqué. Les termes sont sévères, mais les juristes sont à bout et n’ont pas tort. Ils demandent ni plus ni moins que le gouvernement revienne sur les lois et décrets anticonstitutionnels qui “encouragent la construction de villas sur les terres brûlées” et exigent que “le comportement néfaste des Grecs en matière d’environnement soit sanctionné”. Ils souhaitent également une révision de la Constitution et notamment de son article 24, qui concerne la protection de l’environnement. Ce cri de protestation n’est pas sans conséquences. Les magistrats et les juristes déplorent que l’environnement ne fasse pas l’objet d’un ministère à part entière, puisqu’il dépend pour l’instant du ministère des Travaux publics, lequel bénéficie de toute l’attention des pouvoirs publics. Ils ont donc décidé de proposer dix mesures à prendre en priorité pour reboiser au plus vite le mont Parnès et instaurer une discipline écologique dans le pays. Ces mesures ont pour but de protéger l’environnement, ce que le gouvernement ne fait pas pour l’instant. Elles imposeraient par exemple la création d’une structure unique spéciale pour que soient démolis sur-le-champ les bâtiments qui ne manqueront pas d’être bientôt construits sur les terres brûlées.
Le bassin athénien était entouré de trois massifs sources d’oxygène, que les incendies ont détruits au fil des années. De nombreuses villas avec vue imprenable sur la capitale ont poussé à la place des arbres, laissant l’écosystème périr et la pollution, déjà hors normes, s’accentuer. Cette fois, la tristesse des événements a fait place à la colère. Le 8 juillet, des centaines d’Athéniens ont manifesté devant le Parlement pour demander le reboisement immédiatement du mont Parnès. La blogosphère explose et un groupe de presse s’est transformé en contrôleur du reboisement de la forêt. Mais il n’est pas certain que la mobilisation sera toujours aussi forte dans quelques mois. Aussi est-il important de prendre des mesures juridiques draconiennes.
Les juristes élargissent leurs propositions au comportement quotidien des Grecs en proposant l’instauration d’amendes minimes pour atteinte à l’environnement. L’écologie n’est pas une priorité dans le pays, c’est un fait. Les Grecs ne sont pas sensibles au tri des déchets, ils ont tendance à considérer les forêts comme des décharges publiques et n’ont pas les gestes quotidiens de ce qu’on appelle la “consommation idéale”, comme éviter de gaspiller l’eau ou le papier. La catastrophe du mont Parnès aura peut-être touché les consciences écolos enfouies chez les Grecs, qui ont pour la plupart pris conscience de la gravité de leur comportement. Mais cela ne contredit pas la nécessité de mettre en place des sanctions envers ceux qui auraient la mémoire courte.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles