Réunions non-mixtes: se taire "avant de prendre la parole", se justifie Pulvar

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Audrey Pulvar photographiée en février 2019 à Paris

"Écouter", plutôt que "se taire", avant "de prendre la parole": Audrey Pulvar a justifié mardi ses propos tenus samedi sur les réunions non-mixtes qui lui ont valu les attaques de la droite et de l'extrême droite, mais aussi des désapprobations à gauche.

La candidate investie par le PS aux régionales en Ile-de-France avait estimé samedi, à propos des réunions "non-mixtes" pour les personnes s'estimant victimes de racisme, qu'une personne blanche ne devait pas en être exclue mais qu'on "peut lui demander de se taire".

"J'ai évoqué la possibilité que d'autres militants ou citoyens qui ne sont pas victimes de racisme y participent, sans difficulté, mais à condition, et je le maintiens, comme chaque fois que l'on assiste à ce genre d'échanges en tant qu'allié, d'être d'abord dans une écoute bienveillante de la parole des personnes discriminées. C'est aux victimes de s'exprimer les premières", écrit Audrey Pulvar mardi dans une tribune publiée au Monde.

"J'ai utilisé le verbe +se taire+, parce que c'est généralement ce que l'on fait, quand on veut réellement écouter l'autre, avant ensuite de prendre la parole", affirme encore la candidate selon laquelle "d'aucuns y ont vu une forme de sommation au silence. À tort."

"À celles et ceux que ma formulation a pu heurter, en leur donnant la sensation que je voulais d'emblée les exclure, je veux dire ici que tels n'étaient ni mon propos, ni mon intention", plaide l'adjointe à l'alimentation durable de la maire PS de Paris, Anne Hidalgo.

"Jamais je n'ai dit vouloir réduire au silence une partie de la population, pour quelque motif que ce soit, et encore moins pour sa couleur de peau. Jamais je n'ai prononcé, ni conçu les mots +les blancs doivent se taire+ (...)", martèle l'ancienne journaliste, d'origine martiniquaise.

La présidente de l'Unef, Mélanie Luce, avait évoqué la semaine dernière l'organisation de réunions "non-mixtes" pour "permettre aux personnes touchées par le racisme de pouvoir exprimer ce qu'elles subissent".

Si "ces groupes n'avaient pas ma préférence", indique Audrey Pulvar, "je peux concevoir, entendre, la nécessité pour des personnes discriminées, en raison de leur sexe, de leur couleur de peau, de leur orientation ou leur identité sexuelle, de se retrouver +entre-elles+, pour échanger, se rasséréner, trouver ensemble les moyens de se protéger d'autres exactions".

Le premier secrétaire du PS Olivier Faure lui a mardi renouvelé son soutien pour les régionales, estimant qu'elle avait prononcé "une phrase malheureuse".

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'est lui dit "profondément choqué" par les dires de Mme Pulvar, selon lui "contraires au pacte républicain", et lui a demandé de "corriger ses propos".

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