Réunification : RFA contre RDA, la guerre froide du sport

Par Emmanuel Berretta

L'Est-Allemande Kornelia Ender lors des Jeux olympiques de Montréal. 

À la chute du mur de Berlin, le dopage d'État de la RDA par la Stasi a éclaté au grand jour. Mais 24 ans plus tard, un rapport établissait que les sportifs d'Allemagne de l'Ouest étaient tout aussi chargés…


Une course à l'armement pharmacologique, voilà à quoi se sont livrées les deux Allemagnes pendant plus de vingt ans avant leur réunification. À l'Est, le dopage d'État était pris en charge directement par la Stasi qui contrôlait toute la chaîne, de la recherche à la distribution des produits à travers les structures des clubs. À la chute du Mur, les archives de la Stasi ont révélé l'ampleur du phénomène : environ 10 000 athlètes ont été dopés, souvent à leur insu, avant les compétitions depuis la fin des années 1960 jusqu'en 1989. Les plus curieux, qui se doutaient de quelque chose, étaient écartés des stades et perdaient tous les avantages accordés par le régime socialiste à ses champions.

Mais il a fallu attendre 2013 pour découvrir que les athlètes de la RFA n'étaient guère plus vertueux ! Dans un rapport de 800 pages, des chercheurs de l'université Humboldt de Berlin ont démontré que les autorités à l'Ouest avaient mis sur pied une contre-attaque chimique pour lutter à armes égales avec les « brillants » athlètes de la RDA. Le quotidien bavarois Süddeutshe Zeintung (SZ) avait révélé ces travaux universitaires qui devaient rester confidentiels. L'Institut fédéral pour la recherche sportive (BISp), cheville ouvrière du dopage, était placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Les politiques fermaient les yeux du moment qu'on leur garantissait des résultats. Le BISp a « pendant des dizaines d'années » soutenu une campagne de recherche scientifique de produits dopants susceptibles d'échapper aux contrôles antidopage. Une enveloppe de l'équivalent de 10 millions d'euros y était consacrée.

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