Dans le rétro : sur les traces d'Haroun Tazieff, l'amoureux des volcans

"S’il y a quelque chose à laquelle je tiens essentiellement, c’est la vie. J’aime la vie sous toutes ses formes, et le plaisir de faire un métier dans lequel il y a un danger à côtoyer, à affronter, à éviter, fait partie de la joie de vivre". Et des dangers, Haroun Tazieff en a affrontés pour assouvir sa passion pour les volcans. Quand il prononce ses mots dans une interview à la télévision en 1967, Haroun Tazieff a 62 ans, de nombreux volcans de la planète à son tableau de chasse, et déjà une certaine notoriété hors de nos frontières. Il faut dire que quelques mois auparavant, l'un des pères de la volcanologie moderne vient avec son équipe de réussir un véritable exploit. Descendre dans le cratère du Nyiragongo, en République Démocratique du Congo, où bouillonne un lac de lave en fusion, découvert par Tazzief, dix ans plus tôt. Des images qui feront le tour du monde. "Les Rendez-vous du diable" Une passion pour les volcans née justement non loin du Nyiragongo, territoire belge à l’époque, en 1948 lorsque Tazieff, alors géologue dans des mines, assiste à la naissance du Kituro. Le spectacle auquel il assiste va bouleverser le cours de sa vie et il n’aura plus qu’une obsession, s’approcher au plus près des cratères, pour y réaliser ses analyses, de roches et de gaz, parfois au péril de sa vie. À chaque expédition, Haroun Tazieff emmène une caméra et filme. Il veut faire partager au plus grand nombre cette beauté inaccessible au commun des mortels. Son documentaire Les Rendez-vous du diable, le plus célèbre, réalisé en 1958 a fasciné des générations entières et fait naître quelques vocations. Son approche globale et son travail sur le rôle essentiel des gaz dans les éruptions vont permettre de développer des outils essentiels pour la prévision et donc la protection des populations. Une expertise qui lui vaudra d'être nommé secrétaire d'État aux Risques naturels en 1984 par le président François Mitterrand. Considéré par beaucoup comme l'un des plus grands explorateurs du 20e siècle, Haroun Tazieff s'est éteint à Paris en 1998, à 83 ans.