Dans le rétro : Notre-Dame de Reims, la difficile reconstruction de la "cathédrale martyre"

Alors que débute la première guerre mondiale, le bombardement de la cathédrale de Reims est un choc pour le pays. Érigé au début du 11e siècle, l’édifice représente à la fois une des réalisations majeures de l’art gothique et le lieu de sacre des rois de France. Le 19 septembre 1914, les obus pleuvent sur la ville de Reims et 25 d’entre eux tombent sur l’édifice qui s’enflamme. Le feu gagne une partie de la cathédrale transformée en hôpital de campagne pour des blessés allemands. Les bottes de paille qui leur servent de couchage s’embrasent, les vitraux et les statues explosent et la chaleur fait fondre les 400 tonnes de feuilles de plomb qui recouvrent la toiture. "Elle n'est plus qu'une plaie maintenant, la toiture est détruite, par la bouche des gargouilles, coule du plomb fondu", dira Albert Londres, qui signe là son premier reportage. Un retentissement international Cette destruction choque les pays neutres et aura un retentissement international. On dénonce la barbarie allemande et un bombardement intentionnel pour briser le moral des Français. Le "crime de Reims" sera condamné pendant toute la durée de la guerre. À la fin des combats, un débat divise ceux qui souhaitaient laisser la cathédrale en l’état pour montrer les ravages du conflit, et ceux qui veulent la reconstruire. Finalement, les travaux pour rénover la "cathédrale martyre" débuteront en 1924. Il faudra une vingtaine d’années pour qu’elle renaisse de ses cendres.