Résultats des législatives: Pourquoi la NUPES crie à la manipulation

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résultats premier tour législatives nuances (Photo: Le HuffPost)
résultats premier tour législatives nuances (Photo: Le HuffPost)

résultats premier tour législatives nuances (Photo: Le HuffPost)

POLITIQUE - Tout le monde veut être premier, ne serait-ce que pour la symbolique. Dans le mouchoir de poche qui sépare les scores Ensemble! de la NUPES à l’issue du premier tour des élections législatives, la moindre voix compte pour s’attribuer la première place. Selon le ministère de l’Intérieur, elle revient au camp présidentiel pour 20.000 voix environ . “Manipulation” crie La France Insoumise qui la revendique.

C’est Manuel Bompard, ancien directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon et candidat -en bonne voie- à Marseille qui s’est indigné le premier au beau milieu de la nuit. “Alerte à la nouvelle manipulation de Darmanin. Alors que la NUPES réalise 6.101.968 voix, soit 26,8%, le ministre de l’Intérieur ne lui attribue que 5.836.202 voix, soit 25,7%”, écrit-il sur Twitter. Le but selon lui: “faire apparaître artificiellement le parti de Macron en tête”.

Les résultats définitifs attribuent 5.857.561 à Ensemble!, soit 25,8% des suffrages. 21.359 voix séparent les deux camps, selon les chiffres de l’Intérieur.

Une question d’étiquette et de nuances

Manuel Bompard n’est pas le seul à brandir des chiffres différents. Le quotidien Le Monde place également la NUPES en tête en nombre de voix, sans pour autant parvenir aux 6 millions de revendiqués par le proche de Jean-Luc Mélenchon. Nos confrères donnent 26,1% à la gauche réunie et 25,8% aux soutiens d’Emmanuel Macron.

Ces divergences s’expliquent par l’étiquetage différent des candidats par l’Intérieur d’un côté et par LFI et Le Monde de l’autre.

Sur décision du Conseil d’État, Beauvau a été contraint de revoir le sien et d’afficher les candidats de l’alliance des gauches sous la nuance “NUP” (pour NUPES). Toujours à gauche, l’Intérieur prend en compte trois autres nuances: Divers extrême gauche (Lutte ouvrière et le NPA), le Parti radical de Gauche (le PRG, qui soutient notamment les dissidents de gauche) et Divers Gauche.

Nos confrères du Monde, eux ont choisi de procéder à leur propre étiquetage dès le mois de mai, considérant que le choix initial de la Place Beauvau de ne pas présenter la nuance “NUPES” était “problématique”, comme ils l’expliquent dans cet article.

Ces deux méthodes conduisent, in fine, à des résultats différents.

Exemple à la Réunion, sur le cas de Frédéric Maillot, vice-président de la région et candidat dans la 6e circonscription qualifié pour le second tour. Sur le tableau du ministère de l’Intérieur, il est présenté dans la nuance “Divers Gauche”. Dans le tableau en open data du Monde, il est mis dans la nuance “divers gauche NUPES”. Selon l’un ou l’autre des étiquetages, ses 5429 voix acquises sont donc attribuées à la NUPES ou à la nuance DVG. Laquelle, selon l’Intérieur, a comptabilisé à l’échelle nationale 713.641 voix, soit 3,1% des suffrages exprimés.

Autre exemple dans l’unique circonscription de Saint-Pierre et Miquelon, avec le candidat Olivier Gaston, lui aussi qualifié pour le second tour avec 782 voix. Sur le site du ministère de l’Intérieur, il est DVG. Mais il figure sur la liste des investitures NUPES accessible sur le site de la France Insoumise. Le Monde le classe dans la nuance LFI.

Sur Twitter, Manuel Bompard a évoqué 3 cas en métropole, qui représente “44.420 voix”. Le Parisien cite aussi deux cas en Corse: Robin De Mari, 1re circonscription et Dominique Mauny, dans la 2e. Les deux figurent dans la liste des investitures LFI pour la NUPES mais le premier est étiqueté DVG par l’Intérieur. En Ardèche, le cas d’Hervé Saulignac est plus délicat. Il n’a pas été investi par la NUPES mais a reçu le soutien officiel de l’alliance. Toutefois, il est considéré comme “DVG” par Beauvau.

Les listes de candidats ont été fournies par LFI, se défend l’Intérieur

Le nombre de voix peut parfois sembler anecdotique, mais rappelons-le, seulement 21.359 décident de la première place dans ce scrutin serré.

Interrogé sur la revendication de Manuel Bompard sur franceinfo, Christophe Castaner a accusé l’insoumis d’être ”dans la classique théorie du complot”. “Ils parlent de gens qu’ils soutiennent maintenant alors qu’ils ne les soutenaient pas il y a deux jours. Ils voudraient les comptabiliser parce qu’ils les soutiennent maintenant. Tout cela n’est pas très sérieux” balaye le patron du groupe sortant des députés LREM à l’Assemblée.

Et d’assurer que “les services de l’Intérieur font au plus près du terrain en fonction des remontées et des déclarations des candidats”. “Ne cherchons pas à rajouter du complot à la culture complotiste que l’on connait chez la France Insoumise”, tacle-t-il. Depuis le Calvados, la Première mimnistre Élisabeth Borne a balayé des “polémiques inutiles”.

Au Parisien, le ministère de l’Intérieur affirme que la liste des candidats NUPES lui a été fournie par “la direction de campagne de NUPES” le 8 juin. “Dans cette liste pourtant très complète ne figurait aucun candidat outre-mer. Ces candidats ne figurent pas non plus sur leur site officiel”, se justifie Beauvau. Toutefois, selon les observations du HuffPost, cette affirmation est en partie erronée: c’est notamment le cas du candidat investi à Saint-Pierre-et-Miquelon, qui figure bel et bien sur la liste des investitures NUPES.

À voir également sur Le HuffPost: Aux législatives, la Nupes salue une percée “historique” face à Emmanuel Macron

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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