Résultats législatives: François Ruffin réélu député de la Somme pour un 3e mandat

Il promettait d'aller chercher sa victoire "avec les dents". Ce 7 juillet, c’est chose faite selon les résultats publiés par le ministère de l'Intérieur. Le candidat du Nouveau Front populaire renverse la vapeur. Il est réélu député de la 1re circonscription de la Somme pour un 3e mandat devant la candidate d'extrême droite.

Le report des voix de son adversaire macroniste a payé. Arrivée troisième du premier tour, Albane Branlant (Ensemble), s’est désistée en sa faveur dès l'annonce des résultats du premier tour. François Ruffin (33,9%), sortant était alors distancé par la candidate Rassemblement national (RN), Nathalie Ribeiro Billet (40,7%).

"À nous de transformer la colère en espérance", a-t-il déclaré ce soir, "nous devons apaiser et non brutaliser".

"Nous devons gouverner avec respect et avec tendresse pour les Françaises et les Français", a ajouté François Ruffin.

"Oui je suis parti de LFI"

Pour le député réélu, retour sur les bancs de l’hémicycle prévu le 18 juillet pour l’élection de la présidente ou du président de l’Assemblée nationale, et la constitution des groupes.

Mais où siégera François Ruffin? "Ma place ne sera pas dans le groupe LFI", a tranché l’ancien journaliste ce 4 juillet sur RTL. Groupe où il siégeait depuis 2017. "J’en suis parti", a tranché l’ancien journaliste.

Pendant cette campagne, François Ruffin a largement mis en lumière sa prise de distance avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. "Quand il dit qu’il quitte les Insoumis alors même qu’il est sur une circonscription qui a été attribuée aux Insoumis, les gens ne savent plus pour quoi ils votent", a répondu Jean-Luc Mélenchon le soir même, sur TF1.

La rupture avec Mélenchon

"Mes désaccords avec Jean-Luc Mélenchon sont connus, ils sont profonds: sur la démocratie, sur le bruit et la fureur plutôt que la force tranquille", expliquait encore jeudi le député réélu sur RTL. Lui appelle à gouverner "avec une forme de tendresse", “sans brutalité, en tenant compte des avis différents”.

Sa campagne d’entre-deux-tours, il l’a placé sous le signe de la rupture avec le leader insoumis, désormais épouvantail à gauche. "Boulet", et "obstacle au vote [pour le Nouveau Front populaire]", dans les mots de François Ruffin.

"Il ne rend pas service à tous les autres en se comportant comme il le fait là, a regretté Jean-Luc Mélenchon le 4 juillet sur TF1. Une élection aussi dangereuse n’est pas le moment de régler des comptes personnels."

"François Ruffin n’a rien à voir avec Jean-Luc Mélenchon", est inscrit en capitales sur son tract du second tour. "J’ai choisi la ‘force tranquille'", précise encore le candidat. Puis, liste ensuite ses points de désaccord avec triple candidat à la présidentielle, comme la condamnation des "actes terroristes du Hamas", ou son opposition à l’investiture d’Adrien Quatennens.

Le 25 juin, à quelques jours du premier tour, il expliquait déjà voir Jean-Luc Mélenchon, comme "un obstacle à la victoire du Front populaire". Et être "en désaccord sur la stratégie pensée et mise en œuvre", par la direction insoumise à l'occasion des élections. Ciblant notamment la non-investiture de Raquel Garrido ou Alexis Corbière, voix critiques de la direction du parti.

Artisan de l’union à gauche

Pour ces législatives, il a reçu l’investiture du Nouveau Front populaire, alliance des partis de gauche qu’il a initiée. Dès le 9 juin, après la dissolution de l'Assemblée nationale, François Ruffin lançait un appel aux forces de gauche à se ranger "derrière une barrière commune 'Front populaire'".

Le "seul moyen, selon lui, de faire front face au Rassemblement national". Quelques jours plus tard, au prix d'intenses tractations entre LFI, le PS, les Écologistes et le PCF, le Nouveau Front populaire voyait le jour. Le 14, il déclarait se sentir "capable" d'être Premier ministre.

Ce 7 juillet, les Français ont élu une Assemblée fracturée, où aucun groupe n’a la majorité absolue. La solution semble devoir être celle d’une large alliance. Alliance à laquelle François Ruffin avait, le 4 juillet sur RTL, déjà exclu d’intégrer, en cas de réélection. "Je ne participerai pas à un gouvernement qui serait une coalition hétéroclite et improvisée."

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