Résultats législatives 2024: Renaissance et LR peuvent-ils s'allier pour former un nouveau gouvernement?

La tectonique des plaques politiques en plein chambardement. "La question va être de savoir si une coalition cohérente est capable de se composer pour atteindre les 289 députés", s'interrogeait l'Élysée dès ce dimanche 7 juillet. Car aucun des trois blocs (NFP, Ensemble, RN), n'a atteint le seuil de la majorité absolue à l'issue du second tour des élections législatives anticipées.

Après la perte de la majorité relative, comment gouverner? C'est le dilemme auquel Emmanuel Macron et le camp présidentiel, vont va être confrontés très rapidement dès la rentrée parlementaire, et probablement jusqu'en 2027. Selon notre projection Elabe pour BFMTV, RMC, et La Tribune dimanche, le groupe Renaissance ne comptera qu'entre 160 et 162 députés lors de la prochaine législature. Contre 245 députés élus en 2022.

Il est coincé sur sa gauche par le Nouveau Front populaire, entre 184 et 186 députés (150 sortants), qui contre toute attente, devient le premier groupe à l'Assemblée. Et à son extrême droite, par le groupe du Rassemblement national et ses alliés, entre 141 et 143 élus (88 sortants).

"La gauche veut gouverner, mais ne gouvernera jamais", estime un cadre Renaissance auprès de BFMTV. "Un Premier ministre NFP tombe en trois jours. Il va falloir entrer dans une coalition à l'allemande et ça va prendre du temps."

Pour Darmanin, "on doit gouverner à droite"

Qui alors pour participer à une "coalition cohérente"? Véritable serpent de mer politique depuis 2022, l'alliance avec les Républicains ressemble aujourd'hui à une assurance-vie pour la macronie. Les Républicains "canal historique", opposés à l'alliance signée par Éric Ciotti avec Marine le Pen, ont en effet sauvé leur peau. Ils sécurisent 67 à 69 sièges (62 sortants).

"Le pays est à droite. On doit gouverner à droite. Et ne pas avoir de coalition avec La France insoumise et Nouveau Front populaire", assure Gérald Darmanin, ancien fidèle de Nicolas Sarkozy

Réélu dans sa circonscription du Nord, le ministre de l'Intérieur, qui a commencé sa carrière politique à l'UMP, l'assurait déjà au Figaro le 23 juin. "Il y a un espoir à reconstruire pour le peuple de droite et du centre", plaidait-t-il avant le premier tour des élections législatives.

Même son de cloche chez Benjamin Haddad (Ensemble), député réélu de 14e circonscription de Paris. L'ancien secrétaire national de l'UMP (devenu Les Républicains) souhaite l'union. "Nous tendons la main aux Républicains", a-t-il lancé sur BFMTV ce dimanche soir. "Je le dis depuis deux ans, je souhaite qu'on travaille avec eux".

Une France "jamais autant à droite"?

Du côté de l'exécutif, la main est aussi tendue, sous le sceau de l'anonymat. "Le pays n'a jamais été autant à droite et la gauche serait au pouvoir?", s'interroge un ministre auprès de BFMTV. "Il faut qu'on aille voir du côté des Républicains pour une majorité", complète encore un dirigeant de la coalition présidentielle.

Un appel que lance sur X (ex Twitter), Gil Avérous, maire de Châteauroux, qui a quitté Les Républicains en 2023. "J'appelle une nouvelle fois ma famille politique, les Républicains, à créér une coalition avec Renaissance, le Modem et Horizons", a-t-il lancé.

L'alliance présentée comme inéluctable ce soir ne résout pourtant pas le problème. Elle permettrait au camp présidentiel d'atteindre environ 225 députés. Loin de la majorité absolue, fixée à 289 députés.

Article original publié sur BFMTV.com