Résultats législatives 2024: l'ancien ministre Olivier Véran perd son siège de député dans l'Isère

Fin d'une ère dans la 1e circonscription de l'Isère. Olivier Véran est défait à l'issue du second tour des élections législatives ce dimanche 7 juillet. Candidat à sa réélection, l'ancien ministre de la Santé recueille un peu plus de 40% des voix, selon des résultats quasi-définitifs publiés par le ministère de l'Intérieur. Il est devancé par son adversaire insoumis du Nouveau Front populaire Hugo Prevost, qui obtient plus de 42%.

Alexandre Lacroix, qui se présentait au nom de l'alliance du président contesté de LR Éric Ciotti avec l'extrême droite, complète le podium avec autour de 17,5% des suffrages.

"Ce soir, ma défaite se confond et s’efface derrière la victoire d’un pays qui a une fois encore dit non à l’extrême droite", écrit l'ancien ministre sur X (ex-Twitter). "Nous sommes passés près. Prenons soin de ce qui nous unit. De l’autre côté de l’été viendra je l’espère le temps de la réconciliation."

Bons scores de la gauche aux européennes

Pour Olivier Véran, la chute est lourde. Il était député de cette circonscription depuis 2017, après avoir déjà siégé dans l'hémicycle entre 2012 et 2015 en lieu et place de la socialiste Geneviève Fioraso, dont il fut le suppléant, lors du passage de cette dernière au gouvernement.

S'il est lourd de sens, ce résultat ne fait que confirmer celui du premier tour. Hugo Prevost s'était déjà placé sur la première marche du podium en réunissant 40,19% des votes exprimés, devant Olivier Véran (33,62%) et Alexandre Lacroix (18,34%).

Le nouveau parlementaire, âgé de 24 ans, est élu dans une circonscription qui avait largement voté à gauche lors élections européennes du 9 juin: les listes socialiste, insoumise, écologiste et communiste avaient cumulé plus de 48% des voix. Hugo Prevost réussi là où sa prédecesseuse insoumise, Salomé Robin, avait échoué, en ne parvenant pas au second tour des élections législatives de 2022 à renverser Olivier Véran.

Il faut dire que le contexte était tout autre. Emmanuel Macron venait d'être réélu président de la République. Deux ans plus tard, son impopularité est largement constatée. En attestent les affiches de campagne des candidats de la majorité sortante qui ont préféré mettre en avant Gabriel Attal.

Ni l'un ni l'autre pour Olivier Véran. Pas de trace non plus du logo présidentiel. L'ancien porte-parole du gouvernement s'est présenté "sans logique partisane", en candidat "social-démocrate", comme il l'a affirmé au Dauphiné Libéré, même s'il bénéficiait de l'investiture d'Ensemble.

>> Élections législatives: les résultats complets du second tour

"Ce serait une catastrophe qu'il devienne député"

Lui qui disait retrouver une "pleine liberté de parole", après avoir quitté le gouvernement en janvier, s'est mis à exécution, n'hésitant pas à dire qu'il "regrette" la dissolution de l'Assemblée nationale, ou qu'il refuse de mettre "dos à dos le RN et LFI", contrairement à la plupart des élus de son camp, même si certains ont quelque peu changé de braquet lors de l'entre-deux tours.

Olivier Véran a également pris des distances avec sa décision récente de se tourner vers la médecine esthétique. Un "choix" "vraiment antérieur" à la dissolution, a précisé au Dauphiné Libéré l'intéressé qui, aux dernières nouvelles, devait revenir au CHU de la capitale des Alpes pour exercer comme consultant bénévole en neurologie.

Pour refaire son retard au second tour, il a agité le nom de Jean-Luc Mélenchon, leader insoumis utilisé comme un chiffon rouge par de nombreux élus dans cette campagne, qu'ils soient issus du RN ou du camp présidentiel.

"Avec Hugo Prevost, on ne parle pas d’un étudiant pacifique, aux idées de gauche: c’est un partisan résolu de LFI, envoyé depuis Paris par Jean-Luc Mélenchon, où il bloque sa fac à la manière d’un Louis Boyard", avait-il écrit sur X (ex-Twitter) au surlendemain du premier tour. Tout en dramatisant: "Ce serait une catastrophe qu'il devienne député"

Sans succès. Les électeurs isérois lui ont préféré Hugo Prevost qui va faire ses débuts à l'Assemblée nationale, après une dizaine d'années dans les milieux syndicaux et associatifs.

Article original publié sur BFMTV.com