Résultats élections législatives 2022: dans le Nord, Gérald Darmanin annonce sa victoire face à la Nupes

Gérald Darmanin à Paris le 30 mai 2022 - Thomas COEX / AFP
Gérald Darmanin à Paris le 30 mai 2022 - Thomas COEX / AFP

Conforté à son poste. Après avoir été confirmé à la tête du ministère de l'Intérieur en mai dernier lors de l'annonce du nouveau gouvernement, Gérald Darmanin fait un carton plein au premier tour des élections législatives dans la 10e circonscription du Nord avec 57,52%, selon les premières estimations.

Sur Twitter, il revendique sa victoire face à la candidate Nupes, Leslie Mortreux. Au premier tour, il avait recueilli 39,11%.

Élu député en 2012 au second tour avec 54,88% sur ces terres qui comptent notamment une partie de Tourcoing, la ville dont il a été maire, le futur locataire de la place Beauvau avait démissionné de son poste de député pour cause de cumul des mandats.

À sa place, c'est le député LR Vincent Ledoux qui avait été élu à la faveur d'une législative partielle, avant de l'emporter à nouveau en 2017 avec 27% des voix au premier tour puis 55% au second face à une candidate LaREM. Lors de la dernière présidentielle, Emmanuel Macron a recueilli 28% des voix dans cette circonscription contre 26% pour Marine Le Pen, avant que le président ne l'emporte à 57%.

Attaqué sur les résultats officiels du premier tour

Au regard de son excellent score, Gérald Darmanin ne semble pas avoir été déstabilisé par la controverse qui a directement ciblé son ministère, en charge de l'organisation des élections. Selon les résultats officiels, la coalition macroniste Ensemble a devancé au premier tour la Nupes d'un peu plus de 21.000 voix seulement, sur 23,3 millions de votants, avec 25,75% des voix (5.857.558 voix), contre 25,66% pour la Nupes (5.836.202).

Manuel Bompard, l'ancien directeur de campagne de la France insoumise et candidat dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon à Marseille, avait accusé Gérald Darmanin d'être "un manipulateur" lundi dernier. Avant que l'ancien candidat à la présidentielle ne vise lui-même directement le ministre de l'Intérieur.

"C'est clair qu'il y a un doute sur ce que fait Darmanin avec les résultats. Tout le monde comprend que ce sont de mauvais perdants. On ne peut pas avoir des mœurs de République bananière", avait avancé Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse le 13 juin.

Avant d'en remettre une couche quelques heures plus tard. "Je laisse les plaisirs de la bidouille à M. Darmanin. Il essaie depuis hier soir de tripoter les chiffres, il m’enlève des députés pour masquer que LaREM a subi une lourde défaite", avait-il encore asséné sur le plateau de France 2.

Rarement avare d'interventions médiatiques, le ministre de l'Intérieur a d'abord passé son tour et laissé les ténors de la coalition présidentielle répondre à sa place, avant de finalement fustiger Jean-Luc Mélenchon, qualifié de "funeste agitateur" dans une interview au Parisien.

Pas impacté électoralement par le Stade de France

Le Nordiste s'était fait plus discret depuis sa gestion très contestée de la finale de la Ligue des Champions le 28 mai dernier. Spectateurs sans billets qui escaladent les grilles, supporters et familles aspergés de gaz lacrymogène, d'autres victimes de vols ou d'agressions... Le dispositif de maintien de l'ordre lors du match le plus important de la saison en Europe fait depuis des jours l'objet d'une vive polémique.

Après avoir pointé du doigt les supporters britanniques, accusés d'être venus en nombre sans place ou avec des faux billets, et nié toute responsabilité des forces de l'ordre, Gérald Darmanin, sous pression et visé par les critiques du président, a esquissé un timide mea culpa.

"L'image négative de ce match est une blessure pour notre fierté nationale et il est évident que les choses auraient pu être mieux organisées", a-t-il reconnu devant la commission des Lois, tout en maintenant sa version controversée sur le nombre de faux billets.

Les mains libres pour les suites du Beauvau de la sécurité

"Ce ne sont pas les réseaux sociaux ou les sondages qui font les votes, mais les Français", a rétorqué Gérald Darmanin dans le Parisien au sujet de cette affaire. Si les électeurs de la dixième circonscription du Nord ne lui tiennent pas rigueur de ce fiasco en mondovision, ses anciens ennuis judiciaires n'ont pas non plus posé problème.

Après des accusations de viol, Gérald Darmanin a bénéficié d'un non-lieu par réquisitoire en 2022. La plainte déposée contre lui pour "abus de faiblesse" a été, elle, classée sans suite. Le ministre, pour se défendre, avait évoqué "sa vie de jeune homme" dans les colonnes de La Voix du Nord. L'acte de confiance du président qui l'a confirmé à l'Intérieur en mai dernier a probablement pesé également en sa faveur auprès des électeurs.

Confirmé par les électeurs, Gérald Darmanin va maintenant se pencher sur les suites du Beauvau de la sécurité qui devrait se matérialiser par le doublement des forces de sécurité "d'ici dix ans" et la création des "plaintes en ligne" dans les prochains mois.

Article original publié sur BFMTV.com

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