Un résistant ukrainien de Kherson se confie: «Sur le moment, tu as peur»

AFP - BULENT KILIC

La ville de Kherson a été libérée il y a tout juste une semaine, après plus de huit mois d'occupation russe. Si l'armée ukrainienne a pu, après des semaines de combat, en reprendre le contrôle, c'est aussi parce qu'à l'intérieur, des résistants l'ont aidée. RFI a pu recueillir le témoignage, rare, d'un de ces résistants. Il s'exprime sous couvert d'anonymat, car plusieurs de ses compagnons ont été arrêtés puis emmenés par les Russes dans leur retraite. Lui-même a été retenu 75 jours avant d'être libéré.

Avec notre envoyée spéciale à Kherson, Maurine Mercier

Il y a près de neuf mois, lorsque l'armée russe s'empare de sa ville, avec ses compagnons, ils n'hésitent pas une seconde.

On s'est réunis dans mon sous-sol, et on a commencé à réunir des bouteilles, du polystyrène, de l'essence.

Durant des mois, avec ses amis, ils vont traquer les collaborateurs, faire exploser les voitures de ces Ukrainiens qui font alliance avec les Russes.

Lui rassemble surtout les informations que les habitants lui envoient, les photos et les coordonnées GPS des bataillons de l'armée russe. Il les fait parvenir à l'armée ukrainienne.

On a vite compris qu'on n'arriverait à rien si on ne bombardait pas aussi leurs arsenaux.

Il nous emmène dans sa planque. Lorsque les Russes l'ont arrêté, son appartement a été fouillé.

Parmi ceux qui nous surveillaient, certains étaient sadiques et torturaient pour le plaisir. Nos cris, ils disaient : « C'est de la musique pour nos oreilles. » Ils m'ont matraqué. Ils me torturaient à coups d'électricité.


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