Sur les réseaux sociaux, les Kabouliens crient leur ras-le-bol de l’insécurité

Cela fait une semaine que des internautes afghans dénoncent la criminalité galopante dans la capitale, sous le hashtag #KabulIsNotSafe (Kaboul n'est pas sûre).

De notre correspondante à Kaboul, 

C’est le meurtre d’un jeune homme qui est à l’origine de cette campagne de sensibilisation lancée par un groupe de militants de la société civile.

Le 4 janvier dernier, Ali Sina a été tué dans une rue près de chez lui. Il avait 20 ans et étudiait à l’université américaine de Kaboul tout en travaillant pour payer ses études. Il rentrait alors chez lui dans un quartier populaire de la capitale afghane. C’était le début de soirée, la nuit était tombée. Des hommes se sont attaqués à lui et lui ont volé son téléphone portable et son portefeuille. Quand ils ont essayé de lui prendre son ordinateur, il s’est débattu et c’est là qu’il a reçu un coup de couteau mortel. C’est ce que raconte son frère qui vivait avec lui.

Un symbole de la criminalité

Ali est devenu le symbole de la criminalité qui a explosé à Kaboul et de l’incompétence des autorités à assurer la sécurité de la population. Sa photo est devenue virale sur Twitter. On le voit, un polo rouge et blanc, penché sur son ordinateur.

« Nous réclamons justice pour Ali et nous voulons dénoncer les crimes commis chaque jour dans la capitale », explique son collègue Abdul Malik Hamdard, l’un des instigateurs de cette campagne. Tous dénoncent aussi le silence du gouvernement sur cette insécurité permanente.

Abdul Malik Hamdard s’est donné pour mission, avec d’autres internautes, de poster chaque jour des informations sur les attaques commises dans la capitale par des bandes organisées pour alerter les pouvoirs publics et témoigner.

Renforcement des patrouilles

Et cette campagne commence à porter ses fruits. Elle a en tout cas fait réagir le ministère de l’Intérieur : il y a une semaine, les patrouilles de police ont été multipliées. Plus de 300 policiers ont été déployés en renfort pour appuyer leurs collègues déjà positionnés à des barrages à travers la ville pour contrôler les voitures qui circulent. Concrètement ces policier arrêtent les véhicules et contrôlent l’identité des occupants.

Mais est-ce que cela sera suffisant ? Beaucoup d’internautes s’interrogent. Le ministère de l’Intérieur afghan s’est donné trois mois pour mettre fin au crime organisé. Et il communique beaucoup sur les arrestations qui ont eu lieu ces deux dernières semaines.

Sur les réseaux sociaux, les Kabouliens racontent eux comment ils ont dû modifier leur habitudes. Ils ne rentrent jamais la nuit tombée, ils changent d’itinéraire, ils vérifient en permanence que personne ne les suit. « La criminalité est devenue un problème plus grave que le terrorisme pour les habitants de Kaboul », explique ainsi un élu local de la capitale afghane.

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