Un réseau italo-tunisien de passeurs de migrants démantelé en Sicile

PHOTO YASSINE GAIDI/ANADOLU AGENCY VIA AFP

“Si vous avez des problèmes avec le moteur, jetez-les à la mer.” Les écoutes de la police de Caltanissetta en Sicile, relayées par La Repubblica, font froid dans le dos. Celles-ci illustrent parfaitement le cynisme d’un réseau de passeurs de migrants qui a été démantelé par la police italienne dans la nuit du 16 au 17 novembre. Particularité de celui-ci : les 18 suspects qui l’auraient composé étaient de nationalité tunisienne ou italienne, et résidaient en grande majorité dans la péninsule.

“Les cerveaux du groupe étaient deux Tunisiens vivant à Niscemi (Sicile), détaille le quotidien romain, deux autres Tunisiens, ceux qui géraient l’argent, résidaient aussi dans la région, à Scicli, alors que cinq Italiens s’occupaient de la logistique après le débarquement, en abritant les migrants dans des habitations. Enfin, quatre Tunisiens géraient les rapports avec leurs complices dans leur mère patrie.”

À ce jour, 12 personnes ont été arrêtées, et 6 autres sont toujours recherchées, dans le cadre de cette enquête qui a rapidement fait le tour des principaux titres de presse transalpins.

Car si l’existence de trafics d’êtres humains entre les côtes tunisiennes et italiennes est connu de longue date (même si le principal lieu de départs des migrants traversant la Méditerranée reste la Libye), l’existence d’une bande criminelle basée en Sicile et qui comportait dans ses rangs plusieurs Italiens a de quoi surprendre.

L’organisation était en tout cas parfaitement ficelée, comme l’explique le Corriere della Sera, qui détaille le modus operandi de ce groupement criminel : “La bande se servait de petites embarcations équipées de puissants moteurs, qui opéraient entre les villes tunisiennes d’Al-Haouaria, Dar Allouche et Korba, et plusieurs villes siciliennes des provinces de Caltanissetta, Trapani et Agrigento.”

“La route était couverte en moins de quatre heures, et de 10 à 30 migrants pouvaient être placés dans les zodiacs.”

Ainsi, “en faisant payer à chaque passager de 3 000 à 5 000 euros, les passeurs gagnaient de 30 000 à 70 000 euros par traversée”, note le quotidien milanais. Selon les écoutes de la police, l’organisation aurait sévi sur cette route maritime pendant de nombreuses années.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :