République tchèque : le Trump local provoque la démission du gouvernement

Libération.fr
Andrej Babiš, mercredi.

La coalition gouvernementale s'est déchirée autour de la personnalité d'Andrej Babis, un milliardaire aux multiples conflits d'intérêts, aujourd'hui ministre des Finances et favori pour les prochaines législatives.

Mardi, alors que personne ne s’y attendait, le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, a annoncé sa démission, et avec, celle de son cabinet. Elle devrait être officielle à partir de la mi-mai. Pour expliquer sa décision, Sobotka a lancé à la presse : «Il est inadmissible qu’Andrej Babis reste au poste de ministre des Finances.» 

Andrej Babis, leader du parti centriste-populiste ANO (Action de citoyens insatisfaits) qui, avec les sociaux-démocrates de Sobotka, se partage la coalition internationale, est la bête noire du Premier ministre. Avec une fortune évaluée à 2,7 milliards de dollars et une carrière de self-made-man qui l’a porté à la tête d’un empire agroalimentaire et chimique, Agrofert, Babis est devenu, en quelques années, l’homme le plus populaire de République tchèque.

Evasion fiscale

Cumulant les postes de vice-Premier ministre, ministre des Finances, député et président de son parti, ce fils de diplomate ne craint pas le conflit d’intérêts. Depuis 2013, il possède les deux plus grands quotidiens nationaux.

Les griefs de Sobotka contre Babis portent surtout sur les enquêtes pour fraudes menées sur lui. Le milliardaire est soupçonné, par le biais de sa femme, d’avoir perçu en 2009 1,85 million d’euros de subventions européennes pour une de ses infrastructures, et cela en toute illégalité. Babis aurait aussi acquis les titres de dette de son groupe Agrofert pour environ 55 millions d’euros pour les placer à l’étranger, ajoutant à la liste des accusations sur lui des soupçons d’évasion fiscale accompagnant cette transaction.

Le conflit entre le Premier ministre et Babis n’est pas nouveau, mais l’hypothèse qui prédominait jusqu’à maintenant était un départ, forcé ou non, du milliardaire du gouvernement. «Si j’avais proposé le (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

L’espionne du FBI et le jihadiste de l’EI, l’idylle qui stupéfie l’Allemagne
«En France, la participation est plus forte qu’au pays»
Grand ménage à Hongkong
ALGÉRIE Le pouvoir se maintient, le pays s’abstient
Timide rapprochement entre les deux principaux protagonistes en Libye

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages