République Tchèque: 250000 manifestants à Prague contre le Premier ministre

Plus de 250 000 personnes étaient réunies samedi à Prague pour protester contre le Premier ministre tchèque et pour l’indépendance de la justice. Les manifestants reprochent au milliardaire Andrej Babis ses conflits d’intérêts et son passé communiste, alors que le pays célèbre ce 17 novembre le trentième anniversaire de sa révolution de velours.

Avec notre correspondant à Prague, Alexis Rosenzweig

Cinq mois après la dernière grande manifestation sur l'esplanade de Letna à Prague, ce sont d’abord les jeunes leaders du collectif appelé « Un million de moments pour la démocratie » qui ont exhorté le chef du gouvernement à limoger la ministre de la Justice et à rompre ses liens avec l’empire industriel et médiatique qu’il a commencé à bâtir dès le passage à l'économie capitaliste.

Plusieurs anciens dissidents des années 1980 ont également pris la parole pour dénoncer les dérives d’un pouvoir oligarchique exercé par Andrej Babis, avec le soutien du président de la République, Milos Zeman.

Pavel est étudiant, né dix ans après la chute du communisme, il a fait plusieurs centaines de kilomètres pour venir manifester avec plusieurs de ses amis : « On vient protester contre les affaires de corruption du Premier ministre et les connivences de notre président avec la Russie et la Chine. On manifeste aussi parce qu’Andrej Babis a collaboré avec la police secrète communiste et que son gouvernement repose actuellement sur les voix des députés communistes. »

30 ans après la révolution de Velours, cet anniversaire a un goût amer pour certains à Prague. Et même si le parti du Premier ministre caracole toujours en tête des sondages d’opinion, Andrej Babis est, chaque 17 novembre, contraint de venir le plus discrètement possible déposer des fleurs devant le monument dédié à cette révolution, sous peine de se faire conspuer par la foule.