La République française : une vieille dame qui tient bon

Par Jacques Paugam
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La fresque Liberté, égalité, fraternité de Shepard Fairey, 167, rue Nationale, Paris, France. 
La fresque Liberté, égalité, fraternité de Shepard Fairey, 167, rue Nationale, Paris, France.

À peine proclamée, la République ? consacrée par le sang d'un régicide ? s'est affirmée dans les affres des guerres révolutionnaires, a survécu à l'Empire, à deux guerres mondiales, à plusieurs insurrections populaires et à des tentatives de restauration, jusqu'à ce fameux jour d'octobre 2018, lors d'une perquisition au siège de La France insoumise, quand Jean-Luc Mélenchon a plastronné : « La République, c'est moi ! »

En convoquant ainsi l'imaginaire républicain, le leader de La France insoumise sait-il que, pour une majorité de Français, les politiques n'incarnent plus le régime qui a présidé régulièrement aux destinées du pays ? Qu'il existe des « segments perdus » de la population ? Qu'aujourd'hui, c'est à l'entreprise que revient de promouvoir la liberté et l'égalité, plutôt qu'a des institutions figées dans le marbre républicain ? Une étude de l'Ifop menée auprès d'un échantillon de 1 021 personnes pour l'agence Havas dresse le bilan, à plus d'un an de la présidentielle, de l'état du sentiment républicain en France.

« L'idée républicaine tient bon parce qu'elle répond à une demande d'unité, de rassemblement. Elle apparaît à beaucoup de Français comme apolitique, réagit Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop. À première vue, c'est un terme valise qui aurait pu créer de l'indifférence ou du rejet, mais il existe bel et bien. » Utilisé parfois à tort et à travers, sans véritable incarnation, l'impensé républicain reste, pour 47 % des Français interrog [...] Lire la suite