Aux Républicains, un (seul) débat sur fond de tensions croissantes

De gauche à droite, Éric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau. Tous les trois sont candidats à la présidence des Républicains.
JOEL SAGET / AFP De gauche à droite, Éric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau. Tous les trois sont candidats à la présidence des Républicains.

POLITIQUE - Les adhérents LR qui s’intéressent à la présidence de leur parti ont intérêt à être devant LCI ce lundi 21 novembre. Car Éric Ciotti, Bruno Retailleau et Aurélien Pradié n’auront pas d’autre occasion de croiser le fer avant l’ouverture du scrutin, samedi 3 décembre.

Un seul et unique débat, à suivre à partir de 19h50, qui intervient alors que les tensions ne cessent de monter chez les différentes écuries. Dernier épisode en date : le vrai-faux sondage diffusé par Bruno Retailleau via la newsletter que le parti a mise en place pour informer les adhérents de la campagne en cours.

Psychodrames

Une initiative qui a conduit Éric Ciotti à faire un signalement à la Haute autorité en charge du scrutin, et le siège à faire une mise au point auprès des adhérents. Soit l’illustration de différends qui sont montés crescendo ces dernières semaines au sein d’une famille politique habituée des psychodrames à ciel ouvert.

En coulisses, les rancunes s’accumulent, surtout entre les camps Ciotti et Retailleau. Dans l’entourage du sénateur de la Vendée, on suspecte le député des Alpes-Maritimes d’utiliser Aurélien Pradié comme bouclier anti-Retailleau.

« L’entourage de Ciotti le fait monter dans l’espoir qu’il soit au second tour. Car ils savent qu’ils ressortiront perdants d’une finale Retailleau/Ciotti », suspectait au mois d’octobre auprès du HuffPost un député LR acquis à la cause du Vendéen, interprétant le parrainage adressé par Geoffroy Didier, soutien du Niçois, à Aurélien Pradié comme un signe de cette alliance de circonstance.

Ces derniers jours, cette thèse d’une entente tacite entre le député du Lot et son collègue provençal a franchi un nouveau cap. Selon Libération, le camp Retailleau a carrément suspecté les deux autres candidats d’avoir conclu un deal secret en vue du second tour.

Pour preuve cette fois, les inflexions droitières du candidat « social » Aurélien Pradié (qui a fait une volte-face sur le voile au point de parler comme Marine Le Pen) et la condamnation sans réserve d’Éric Ciotti des propos du député RN Grégoire de Fournas (à rebours de son positionnement très droitier), interprétée comme une volonté de se recentrer. Les deux concernés démentent.

« Les équipes de Retailleau paniquent »

« C’est une connerie. Les équipes de Retailleau paniquent parce que les votes se cristallisent. Ils font du phoning comme nous (des appels visant à tester les candidats auprès des adhérents LR, ndlr), et ils se rendent bien compte que Ciotti sort quasiment tout le temps premier, et de loin », tacle un proche du député des Alpes-Maritimes, qui dit regretter la tournure que prend la campagne.

« Ça se passe relativement bien entre les candidats et du côté des adhérents, mais ce sont les entourages qui créent et font monter les tensions », poursuit-il. Difficile de lui donner tort. Le 26 octobre, le sénateur Stéphane Le Rudulier, porte-parole de Bruno Retailleau, a demandé le retrait d’Aurélien Pradié de son poste de secrétaire général du parti, après que ce dernier a qualifié sur CNews de « n’importe quoi » les propositions de ses concurrents sur l’immigration.

Le 8 novembre, le même sénateur des Bouches-du-Rhône publiait une vidéo montrant les contradictions du député du Lot sur le voile, accompagnée de cette question : « Qui est vraiment Aurélien Pradié ? ».

Il faut dire que l’entourage du loitois sait aussi sortir les griffes. Dans le JDD le 15 octobre, Pierre-Henri Dumont, porte-parole d’Aurélien Pradié affirmait que « ­Retailleau n’est entouré que par des personnes qui ont perdu les élections ». De quoi froisser les égos dans le camp du patron du Sénat, et faire monter le niveau d’animosité dans cette campagne interne.

Reste à savoir si ces tensions s’exprimeront en plateau ce lundi soir. Au HuffPost, un soutien d’Éric Ciotti joue l’appaisement. « L’état d’esprit est le même que depuis le début de la campagne. Il est serein, concentré et reproduira ce qu’il a fait pendant la primaire : parler avec les mots de tous, sur la base de chiffres et sans éléments de langage », promet notre interlocuteur.

Avant de s’autoriser une pique pour lancer les hostilités : « En tout cas lui n’a pas besoin de l’agressivité pour exister ». À bon entendeur...

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