Réouverture des stations de ski: pourquoi les professionnels sont méfiants?

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SPORTS D’HIVER – Les remontées mécaniques vont rouvrir dans les stations de ski à partir de décembre. Et, si la situation sanitaire se maintient, ce sera sans pass sanitaire ni limites de personnes. L’annonce a été faite ce jeudi 30 septembre par le secrétaire d’État chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne lors d’un déplacement en Savoie. Les stations de ski pourront mettre à nouveau en route leurs remontées mécaniques qui sont restées à l’arrêt l’hiver dernier.

Pourtant, après une annus horribilis les professionnels de la montagne ont du mal à y croire, toujours traumatisés par la dernière saison hivernale. C’est le cas des professionnels de la station de ski d’Ancelle (Hautes-Alpes), que Le HuffPost avait rencontrés il y a un an.

“C’est une bonne nouvelle et c’est même rassurant”, confie aujourd’hui Vincent Bouchet, directeur de la station, dans la vidéo en tête d’article. Soulagé, il pointe cependant. “J’ai une crainte parce qu’il faut absolument qu’on ait les règles du jeu pour être fixé et ensuite pouvoir refaire un protocole sanitaire si besoin”, dit-il.

Les conditions de cette réouverture des stations et des remontées mécaniques sont en effet liées à l’évolution de la situation épidémique en France. Le gouvernement souhaite préserver “la possibilité de recourir” au pass sanitaire jusqu’à l’été 2022. Ainsi, un projet de loi sera présenté le 13 octobre pour fixer les prochaines restrictions sanitaires au cas où. De quoi susciter la méfiance des professionnels.

Traumatisme après une année blanche dans les stations de ski

“Je ne suis pas trop confiant, on ne sait pas ce qu’il peut se passer. Il peut y avoir une vague qui remonte au dernier moment et nous dire qu’on ne rouvre pas”, craint Sébastien Muret propriétaire d’un magasin d’équipement de ski dans cette station. C’est ce qu’ils ont fait l’année dernière donc même en cours de saison leur décision peut changer.”

L’entrepreneur redoute de revivre le même scénario que l’année écoulée où il n’a réalisé qu’un quart de son chiffre d’affaires. “Les aides ont en a eu un petit peu, mais on y a tous laissé des plumes. S’il a y une deuxième saison comme ça, cela va laisser des traces. Humainement et mentalement, c’était un vrai traumatisme, on ne veut pas revivre ça”, espère-t-il.

Même constat pour le directeur de la station qui estime que le scénario idéal serait une exploitation “normale” de la station avec masque et gestes barrières “comme dans les transports en commun”. Il redoute surtout l’instauration d’une jauge qui limiterait la fréquentation et impacterait le chiffre d’affaires.

Les réservations hôtelières s’annoncent bonnes, mais difficiles de se projeter dans cette saison. “Comment faire une promesse d’embauche à quelqu’un à l’heure actuelle, on n’a pas de visibilité”, estime Sébastien Muret. Le directeur de la station n’a pas encore de réservation pour ses remontées mécaniques et attend désormais le texte de loi comme toute la profession.

À voir également sur LeHuffPost: Le désarroi de cette station de ski familiale face à la fermeture

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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