Rémunération des médias: en Australie, l'étau se resserre sur Google et Facebook

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La commission du Sénat australien qui examinait un projet de loi visant à forcer les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) à payer les entreprises de presse pour les articles diffusés sur leurs plateformes respectives, vient de rendre son rapport. Elle approuve sans réserve un texte qui pourrait devenir une référence mondiale pour la régulation des géants américain du numérique.

Avec notre envoyé spécial à Brisbane, Grégory Plesse

Les sénateurs australiens sont restés inflexibles. Le texte de loi qu’ils ont passé au crible ces dernières semaines n’a pas besoin d’être amendé et pourra être soumis d’ici quelques jours au vote du Parlement.

C’est une très mauvaise nouvelle pour Google et Facebook. Lorsque cette loi sera promulguée, ils devront négocier avec les entreprises de presse un accord de rémunération pour la diffusion de leurs articles.

Menaces sans effet

Le plaidoyer de Mark Zuckerberg pour Facebook et de Sundar Pichai pour Google auprès du gouvernement australien n’y aura rien changé. Pas plus que les menaces proférées ces derniers mois par les deux entreprises.

Revenus publicitaires à partager

Depuis leur apparition il y a deux décennies, des géants comme Google et Facebook sont très peu réglementés. En Australie, les autorités se sont penchées sur la manière dont ils captent une part importante des revenus publicitaires et sur les conséquences de cette domination pour les médias en grande difficulté financière.

Une étude australienne montre que pour 100 dollars dépensés en publicité en ligne, Google perçoit 53 dollars, Facebook 28 dollars et le reste est réparti entre d'autres géants de l'internet. Ceux-ci sont accusés par la presse de tirer profit de ses contenus sans partager les revenus qu'ils en tirent.Pour que les règles soient plus équitables, l'Australie souhaite que Google et Facebook rémunèrent les médias australiens quand ils utilisent leurs contenus d'actualité.

Microsoft veut combler le vide

Cette réglementation ne s'appliquera qu'en Australie, mais les autres pays scruteront avec attention la manière dont elle entrera en vigueur afin d'envisager des mesures similaires.

Microsoft qui, avec son moteur de recherches Bing, entend combler le vide que menace de laisser Google en Australie, a soutenu ces propositions, appelant d'autres pays à suivre l'exemple de Canberra et le secteur des technologies à s'engager pour relancer un journalisme indépendant qui « est au coeur de nos libertés démocratiques ».

L'administration américaine de l'ex-président Donald Trump était opposée à de telles propositions, mettant en garde contre les « conséquences négatives à long terme » pour les entreprises américaines.

Les députés européens les ont accueillies favorablement. L'Union européenne a instauré en 2019 un « droit voisin » qui doit permettre la rémunération des éditeurs de presse pour les contenus utilisés par les plateformes en ligne.

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