Réintroduire la faune de l'âge de glace en Sibérie pour sauver la planète

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Le géophysicien Sergueï Zimov et son fils Nikita tentent de reconstituer l'écosystème sibérien de l'âge de glace. Pour cela, ils tentent d'adapter de grands herbivores aux conditions hostiles qui règnent en Yacoutie, au nord-est de la Sibérie. Ils veulent ainsi limiter la fonte du permafrost qui, à la faveur du réchauffement climatique, menace de relâcher 1700 milliards de tonnes de carbone dans l'atmosphère. Un remarquable documentaire nous plonge dans cette expérience inédite.

Le 27 novembre 2021, dans le cadre de son cinquième festival documentaire, Arte diffusera un film remarquable : "Retour à l’âge de glace, l’hypothèse de Zimov". Dans le Nord-Est de la Sibérie, au cœur des grandiose paysages glacés de Yakoutie, le réalisateur Denis Sneguirev a suivi pendant deux ans Sergueï et Nikita Zimov, père et fils ayant retroussé leurs manches pour trouver une solution concrète à la fonte du permafrost arctique, une redoutable menace climatique.

Image extraites du documentaire de Denis Sneguirev.

Sergueï Zimov est un géophysicien russe, spécialiste de la toundra, qui a fondé en 1977 la station scientifique du Nord-Est, non loin de Tcherski. Cette station, qui accueille toute l’année des scientifiques du monde entier, est dédiée à l’étude de la toundra, et notamment du pergélisol. Celui-ci a enregistré ces dernières années des taux de fonte atteignant 3,3 mètres de profondeur l’été ! Et les mesures montrent que "les températures des sols ont augmenté en flèche en quelques décennies", souligne Nikita Zimov dans le documentaire. Selon le sixième rapport du GIEC, le pergélisol circumpolaire stockerait ainsi 1700 milliards de tonnes de carbone, qui serait rejeté dans l’atmosphère si les températures globales continuent à augmenter.

"Hypothèse de Zimov"

En 2005, dans un article publié dans Science, Sergueï Zimov expliquait qu’il est possible de ralentir la fonte de ce pergélisol en réintroduisant dans ce biotope les grands herbivores qui y prospéraient à l'Âge de glace, il y a 15.000 ans, et qui auraient disparu à la suite d’une chasse excessive. Pour tester son idée – aujourd’hui connue sous le nom d’« hypothèse de Zimov » -, le scientifique a fondé à la fin des années 1980 le parc du Pléistocène, une réserve clôturée de 20 km2 autour de la station scientifique du Nord-Est. Avec son mathématicien de fils Nikita, qu’il a rallié à sa cause, il n’a de cesse depuis 15 ans d’y introduire rennes, yacks, bisons, bœufs musqués, chevaux, moutons, etc.

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