Réintégrer les soignants non-vaccinés? Il n'y a pas qu'en France que la question fait débat

Un soignant préparant une dose de vaccin contre la variole du singe avec le produit Imvanex, le 3 août 2022 à Paris. (Image d'illustration) - JULIEN DE ROSA / AFP
Un soignant préparant une dose de vaccin contre la variole du singe avec le produit Imvanex, le 3 août 2022 à Paris. (Image d'illustration) - JULIEN DE ROSA / AFP

C'est une question tendue qui a fait son retour jeudi à l'Assemblée nationale, celle de la réintégration des soignants non-vaccinés contre le Covid-19. Alors que La France insoumise proposait une loi allant dans ce sens, les débats ont tourné à la joute verbale dans l'hémicycle, le texte devant être voté avant minuit sous peine de ne pas être examiné.

Comme plusieurs autres groupes d'opposition, La France insoumise accusait en effet la majorité de faire obstruction à ce vote en "gagnant du temps" intentionnellement.

"Je vous regarde, chers collègues. Vous avez le sourire aux lèvres, vous êtes satisfaits et réjouis. Vous êtes contents d'avoir pu trouver une petite mesquinerie obstructive pour ne pas laisser une niche aller jusqu'au bout", a déclaré le député Liberté, indépendants, Outre-Mer et territoires (LIOT) Olivier Serva, s'adressant à la majorité.

Une prise de parole finalement interrompue quand le député, à bout, a lancé un "Tu vas la fermer!" à l'une des personnes présentes dans l'Assemblée.

L'obligation vaccinale bientôt levée en Allemagne

Si l'Assemblée nationale est coutumière de ce genre de débats enflammés, la France n'est pas la seule à connaître de fortes tensions autour de la question des soignants non-vaccinés.

L'obligation vaccinale n'a certes pas été instaurée dans tous les pays européens: après des discussions sur le sujet, le Royaume-Uni et la Belgique avaient finalement décidé de ne pas adopter cette position. D'autres ont cependant choisi de voter cette loi.

En Allemagne, l'idée faisait toujours l'objet de débats depuis sa promulgation, alors que le manque de personnel soignant se fait sentir. La loi prévoyait une amende pouvant aller jusqu'à 1500 euros et une interdiction d'exercer.

Le gouvernement allemand a cependant annoncé récemment qu'il ne souhaitait pas prolonger cette obligation en 2023. Car dans les faits, sur les 190.000 soignants non-vaccinés recensés, seuls 70 d'entre eux étaient privés d'exercer. Ces derniers vont donc pouvoir reprendre leur activité en janvier.

Selon les autorités, ce revirement se justifie par une moindre efficacité des vaccins face aux dernières mutations du virus. Les établissements de santé, plutôt critiques face à cette obligation, ont accueilli la nouvelle de manière positive.

Tensions en Grèce

En Grèce, plusieurs milliers de soignants ont été suspendus après l'adoption d'une loi pour les inciter à se faire vacciner. Certains ont été réintégrés après avoir finalement cédé, mais beaucoup sont toujours privés d'exercer. Le gouvernement grec doit se prononcer d'ici la fin de l'année en fonction de l'évolution de l'épidémie.

L'Italie, qui était dans les premières à adopter l'obligation vaccinale pour son personnel soignant, l'a finalement suspendue tout récemment.

En France, selon le ministre de la santé François Braun, cette interdiction de retrouver leur emploi concerne "très peu de médecins" et "1050 infirmiers" au total. Emmanuel Macron déclarait ce vendredi après-midi qu'il souhaitait que soit d'abord prononcée une "recommandation scientifique" pour lever ces restrictions. Deux avis sont très attendus à ce titre: ceux de la Haute autorité de Santé et du Comité consultatif national d'éthique.

Article original publié sur BFMTV.com