Réintégration des soignants non-vaccinés: LFI retire son texte repris par le RN

Caroline Fiat à l'Assemblée nationale, le 9 avril 2019 - THOMAS SAMSON / AFP
Caroline Fiat à l'Assemblée nationale, le 9 avril 2019 - THOMAS SAMSON / AFP

La France insoumise ne veut finalement pas tomber dans le piège du Rassemblement national. Alors que le groupe de Marine Le Pen comptait reprendre à son compte la proposition de loi du groupe insoumis pour la réintégration des soignants non-vaccinés à l'Assemblée nationale le 12 janvier prochain à l'occasion de sa niche parlementaire, elle est finalement retirée par LFI.

"Le groupe retire son texte usurpé par le RN. La frontière est claire", a ainsi avancé Jean-Luc Mélenchon sur son compte Twitter.

"Je n'allais pas dire non"

Après que les députés RN avaient annoncé ce mardi souhaiter reprendre cette proposition débattue dans l'hémicycle de façon houleuse fin novembre, la Commission des affaires sociales avait dit non quelques heures plus tard à la nomination d'un rapporteur RN pour la défendre.

Dans ce cas, la défense de la proposition de loi revient au camp qui la portait précédemment. C'était donc l'élue insoumise Caroline Fiat qui était sensée la défendre.

"Ils me donnent leur temps législatif, je n’allais pas dire non", avait déclaré l'ancienne aide-soignante ce jeudi auprès de BFMTV.

"Il n'y aura jamais d'accord de notre groupe avec l'extrême droite"

"Tel est pris qui croyait prendre", avait même affirmé l'ancienne aide-soignante en fin de journée mardi soir sur son compte Twitter, face aux rumeurs qui prêtaient un éventuel accord avec le RN.

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Changement de pied finalement ce mercredi matin. La France insoumise a finalement été contrainte de retirer son texte alors ses partenaires de la Nupes, à commencer par les communistes, lui ont signifié ne pas vouloir défendre cette proposition de loi avec les voix du RN.

"Nous condamnons fermement les mensonges visant à faire croire à un accord entre LFI et le RN: il n'y a jamais eu et il n'y aura jamais d'accord de notre groupe avec l'extrême droite" fait savoir le groupe dans un communiqué de presse.

Le soulagement est manifeste à gauche. "C'est une décision qui s'imposait", a souligné le communiste Fabien Roussel au micro de BFMTV. "C'est une bonne décision", a également jugé l'écologiste Sandrine Rousseau sur son compte Twitter.

Un nouveau texte bientôt déposé

Preuve que le mouvement ne baisse cependant pas les bras sur la question de la réintégration des soignants non vaccinés: il veut déposer "dans les plus brefs délais" "une nouvelle proposition de loi, co-signée avec les députés ultramarins de tous les bords politiques". Pour ce faire, LFI pourrait s'appuyer sur sa prochaine niche parlementaire, au printemps prochain.

Le RN n'apprécie, lui, guère.

"En abandonnant ce texte, La France Insoumise révèle son absence totale de considération pour la défense de l’intérêt général. Les soignants suspendus,apprécieront le sectarisme de La France Insoumise", tance ainsi le mouvement.

La majorité présidentielle a elle aussi tenté de déjouer les manoeuvres du RN qui cherche à présenter des textes les plus consensuels possibles pour parvenir à les faire adopter. Elle a ainsi repris à son compte une proposition de loi de Marine Le Pen sur "l'aide universelle d'urgence pour les victimes de violences conjuguales", adoptée à l'unanimité par le Sénat en octobre dernier.

Article original publié sur BFMTV.com