"Régulation soviétique", "cartel"... À l'approche du premier tour, la majorité durcit le ton face à la Nupes

Le délégué général Stanislas Guerini de LREM et le président du MoDem et maire de Pau, François Bayrou (g), lors d'une conférence de presse, le 5 mai 2022 à Paris  - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP
Le délégué général Stanislas Guerini de LREM et le président du MoDem et maire de Pau, François Bayrou (g), lors d'une conférence de presse, le 5 mai 2022 à Paris - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

"Régulation soviétique", "cartel"... À six jours du premier tour des élections législatives de juin et alors que les Français de l'étranger ont plébiscité, la veille, huit des onze candidats de la coalition présidentielle -deux de moins qu'en 2017- la majorité a durci le ton ce lundi dans les matinales.

Ces premiers scrutins démontrent une percée de l'union des gauches rassemblées sous le signe de la Nupes. La coalition autour de Jean-Luc Mélenchon place ainsi deux candidats en tête et se qualifie pour le second tour dans quasiment chacune des 11 circonscriptions des Français à l'étranger.

Invité de franceinfo, la tête des Marcheurs, Stanislas Guérini, n'est pas "dans la panique ou dans l'inquiétude". Mais le nouveau ministre de la Transformation et de la Fonction publique appelle à la vigilance.

"Ne vous faites pas voler cette élection", prévient-il.

Comparez le programme

Le délégué général du parti présidentiel s'est ainsi offert un numéro de sape du programme de la coalition de gauche. Fustigeant les "soumis" chez les écologistes et les socialistes qui se sont alliés à La France insoumise, Stanislas Guérini tacle un programme qui promeut "la sortie de l'Europe et de l'OTAN déguisées" et "la sortie du nucléaire".

"Il faut aller au fond des programmes!", s'exclame-t-il.

Pour le patron des marcheurs, la Nupes promeut "un programme qui est celui de la baisse des pensions de retraites, qui est celui de l'amnistie pour les casseurs" et "d'un rapport particulier à la République". À l'inverse, le macroniste défend un programme de la majorité qui va agir "directement sur le pouvoir d'achat" et "pour la transition écologique".

"Mélenchon veut une majorité pour bloquer, nous on veut une majorité pour agir", a-t-il conclu.

Le chef des députés LaRem à l'Assemblée, Christophe Castaner, s'activait en parallèle sur France 2. "Avec la régulation soviétique proposée par Jean-Luc Mélenchon, (...) il nous propose une société où soit tout est interdit, soit tout est organisé", a-t-il ainsi cinglé.

"On ne pourra même plus couper son bois d'après Jean-Luc Mélenchon dans sa propre propriété. Dans son programme, il est encore écrit qu'on ne pourra plus manger trop gras ou trop sucré", a lancé le patron des députés Renaissance (ex LaREM), lui-même candidat à sa réélection, ce matin.

Une sortie raillée par le négociateur en chef de l'union des gauches, Manuel Bompard, dans un message publié sur Twitter.

"Vous avez mal lu notre programme. Ce que nous proposons, c’est qu’il soit interdit de couper des mains dans une manifestation".

"La politique s'abaisse"

Un peu plus tôt, l'ex-ministre de l'Intérieur avait déploré les manières de la Nupes dont nombreux ont été les candidats à se réjouir de l'élimination au premier tour de Manuel Valls, candidat investi par LaREM dans la 5e circonscription des Français de l'étranger. Jean-Luc Mélenchon lui-même avait publié un tweet avec écrit "Bon débarras".

"La politique s'abaisse avec ce type de comportement", a jugé Christophe Castaner dans l'émission "Les 4 Vérités".

La semaine dernière, une campagne de communication intitulée "Nous ne sommes pas dupes", partagée massivement sur les réseaux sociaux par les candidats de la majorité aux législatives, Castaner en tête, avait amorcé ce travail de sape du programme de la Nupes. Laïcité, sécurité, retraite... À chaque thème de campagne, son affiche anti-Mélenchon produite par LaREM. "Nous ne sommes pas dupes, votons Nupes", avait répliqué la coalition en face.

Tandis que les derniers sondages n'indiquent pas clairement pour l'instant une majorité absolue pour le parti d'Emmanuel Macron, le sondeur Frédéric Dabi (Ifop) expliquait hier sur LCI que "l'inquiétude était là" chez les macronistes. "Il y a des hypothèses qui donneraient des majorités relatives" au camp d'Emmanuel Macron, en dessous de la majorité absolue des 289 sièges.

Article original publié sur BFMTV.com

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