Régionales: pourquoi les macronistes veulent «réinventer» le front républicain

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À une semaine du premier tour des régionales, les espoirs de La République en Marche d’emporter une région sont limités. La grande question pour le parti présidentiel est de savoir comment positionner au second tour dans les régions où le Rassemblement national pourrait gagner. Le gouvernement appelle vendredi 11 juin dans Libération à « réinventer » le Front républicain… dans une autre forme qu’en 2015.

Le parti présidentiel hésite à appliquer le Front républicain dans sa mouture de 2015. Lors des précédentes élections régionales, le Parti socialiste (PS) s'était alors retiré purement et simplement dans deux régions après le premier tour pour faire barrage à l'extrême-droite. Le Front national n’est pas passé, mais la gauche a totalement disparu de ces conseils régionaux pendant six ans… sans que cela n'affaiblisse le parti de Marine Le Pen.

Que faire dans les régions où le parti du président Emmanuel Macron devrait arriver à la troisième ou quatrième place et où le Rassemblement national (RN) menace de l’emporter ? Cela comme dans les Hauts-de-France, dans le Grand-Est ou en Bourgogne Franche-Comté. Se maintenir, au risque d'être accusé de favoriser l'accession de l'extrême-droite au pouvoir ? Se désister et, dans ce cas, ne pas apparaître sur l'échiquier politique ? Ou bien fusionner les listes avec les partis de droite ou de gauche les mieux placés ?

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La République le Marche voudrait bien adopter cette dernière option, mais à un an de la présidentielle, Les Républicains (LR) ou le PS refusent pour le moment toute alliance avec elle… sauf en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), où le LR Renaud Muselier a intégré des marcheurs sur sa liste.

Baiser de la mort ?

C’est pourquoi les stratèges macronistes sont à la recherche de la bonne formule. « Mon intuition est que le front républicain est mort ou presque », a pronostiqué le 2 juin l’eurodéputé Stéphane Séjourné, conseiller du chef de l’État.

Comme lui, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal propose de le « réinventer » : « Trouvons une solution pour que toutes les tendances qui peuvent se maintenir au second tour soient représentées » au sein du futur conseil régional, explique-t-il dans Libération. En d’autres termes, il propose que la liste arrivée en tête intègre des candidats des listes concurrentes, mais qui siègeraient dans l’opposition afin de garantir une forme de pluralité politique dans les hémicycles.

Derrière cette stratégie, il y a la volonté du parti présidentiel de forcer la main aux adversaires d’Emmanuel Macron. LaREM aimerait par exemple faire plier le LR Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France. Celui qui a conditionné sa candidature à la présidentielle de 2022 à sa réélection à la tête de la région a déclaré qu’il refuserait toute alliance entre les deux tours.

Mais le maintien au second tour d’une liste macroniste pourrait lui compliquer la tâche. Pourrait-il se résoudre à ce front républicain « réinventé » en forme de baiser de la mort ? Les stratèges macronistes espèrent en tout cas peser dans ces régionales, à défaut de l’emporter.

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