Régionales: Marc Fesneau, l'éloge de l'hypercentre

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Discret, mais incontournable: tête de liste en Centre-Val-de-Loire, Marc Fesneau représente les meilleurs espoirs de victoire de la majorité aux élections régionales, après avoir gagné la réputation de bon élève du gouvernement et s'être imposé comme futur successeur de Bayrou à la tête du MoDem.

"Moi, favori? Lâchez-moi !", sourit celui à qui les études d'opinion prêtent une possible victoire dans la région où il a fait toute sa carrière politique, entamée en 2004 comme conseiller régional de l'alors région Centre.

Mais l'ancien maire de Marchenoir (Loir-et-Cher, 670 habitants) a aussi appris à ne pas conjurer le sort après (quelques) splendeurs et (un peu plus) de misères électorales au cours d'une carrière politique de bientôt vingt ans.

Tient-il sa revanche? Longtemps, Marc Fesneau fut dans l'ombre, de François Bayrou ou de Jacqueline Gourault, dont il fut d'abord l'assistant parlementaire. Soutenu par En Marche !, il est élu député en juin 2017 et devient président du groupe MoDem à l'Assemblée, où il doit diriger ces parlementaires centristes aux opinions et tempéraments variés.

Sa popularité s'étend également chez les "marcheurs": en 2018, il récolte 86 voix lors de l'élection du président de l'Assemblée nationale, bien au-delà de celles des 46 députés MoDem.

"Il a de la finesse politique et sait aplanir les conflits", salue le député Jean-Louis Bourlanges, quand son collègue Erwann Balanant estime "difficile de lui trouver des défauts.

Un élu d'opposition le juge "assez sympathique" mais allant "un peu au gré du vent". "Pas un capitaine Fracasse", admet-on dans les rangs de la majorité. "Il ne cherche pas les effets de manche", le défend Jacqueline Gourault.

En octobre 2018, il entre au gouvernement, nommé ministre des Relations avec le Parlement, et devient l'un des "chouchous" du Premier ministre Edouard Philippe - une flatterie qu'il ne récuse pas.

Il jure que les relations sont tout autant au beau fixe avec Jean Castex, même si le ministère de l'Agriculture qu'il convoitait ardemment ne lui est pas revenu.

- Corriger l'image lisse -

D'une loyauté réputée sans faille, Marc Fesneau n'en cultive pas moins sa singularité. Tenant de la ligne chrétienne-démocrate au sein du MoDem, il admet avoir évolué sur les questions de société, jusqu'à reconnaître s'interroger sur la fin de vie. Dans la famille centriste, volontiers girondine, il s'est également illustré en formulant des réserves sur une trop grande décentralisation.

A 50 ans, ce père de trois enfants, réputé bon vivant, pourfendeur des "apéros Zoom" et toujours prompt à un bon mot, s'attèle à briser l'armure et corriger l'image lisse dont on l'a longtemps affublé - il s'est laissé pousser la barbe sur un visage éternellement juvénile rehaussé de mèches rousses.

Au gouvernement, certains ont toutefois levé un sourcil lors des récentes bisbilles avec le MoDem, notamment lorsque les députés bayrouistes n'ont pas voté pour le pass sanitaire ou le maintien des élections régionales en juin, en s'interrogeant sur l'efficacité du ministre des Relations avec le Parlement, censé prévenir ces regrettables hiatus.

Son horizon au MoDem est en revanche dégagé depuis que François Bayrou l'a nommé en début d'année numéro deux du parti et, de facto, son successeur désigné à la tête du mouvement le moment venu. "Pour moi, il n'y a jamais eu aucun doute: François et Marc, c'est la même inspiration, ce sont des tempéraments qui se reconnaissent, qui s'estiment", note Jacqueline Gourault, quand François Bayrou salue la fidélité de celui qui n'a jamais fait défaut lors de la traversée du désert des années 2007-2017.

Pour les élections régionales, Marc Fesneau veut croire que, bien davantage que son appartenance à la macronie, c'est son attachement au territoire qui fera la différence auprès des électeurs, en rappelant qu'il fut autrefois directeur du développement local de la chambre d'agriculture de son département.

Celui qui assume d'être passionné de chasse a d'ailleurs surpris, le mois dernier, en enrôlant sur sa liste le journaliste Périco Légasse, jusqu'alors solidement classé à droite. Il s'agit d'"ouvrir les horizons" et promouvoir "le dépassement local", s'est justifié Marc Fesneau, pas mécontent de s'essayer, lui-aussi, au et-en-même-temps.

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