Régionales : la droite crie victoire, le RN parle d'"échec de la démocratie"

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La droite criait victoire dimanche au soir du second tour des élections régionales et départementales tandis que le Rassemblement national minimisait sa défaite, évoquant un "échec de la démocratie" en raison de la nouvelle abstention record enregistrée dans les bureaux de vote.

"Le Front national a été arrêté et nous l'avons fait fortement reculer", s'est réjoui le président sortant des Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR), réélu face à son rival du RN Sébastien Chenu.

"C'est un effondrement pour le Front national", a renchéri le président du parti Les Républicains (LR) Christian Jacob sur France 2. "Depuis 18 mois et notre échec aux européennes, on n'a cessé de retrouver les Français et ils nous ont retrouvés dans les différentes collectivités".

"On a gagné très largement les municipales, on a gagné les sénatoriales, les législatives partielles, les départementales, les régionales : on est aujourd'hui clairement la seule force d'alternance", a-t-il ajouté.

Pour la présidente - réélue - de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (ex-LR, Libres!), une "équipe de France de la droite et du centre" a "émergé dans les régions" à la faveur de ce second tour. "Ce soir, les extrêmes ont reculé fortement dans notre région car nous ne leur laissons aucun terrain pour prospérer", s'est quant à lui félicité Laurent Wauquiez, président sortant d'Auvergne-Rhône-Alpes, également réélu.

Saluant un "succès" pour la droite et le centre, le président LR du Sénat, Gérard Larcher, a adressé au passage une pique à l'exécutif, fustigeant un "rendez-vous manqué" de LREM avec "les territoires" et pointant l'échec d'un "en-même-temps mortifère pour la démocratie".

Les mines étaient nettement moins réjouies au Rassemblement national (RN) qui misait sur son candidat Thierry Mariani (ex-LR devenu RN) en Provence-Alpes-Côte d'Azur pour remporter la première région de son histoire à un an de l'élection présidentielle.

Refusant de parler d'échec après la victoire de Renaud Muselier (LR) en PACA, le vice-président du RN Jordan Bardella a estimé qu'il s'agissait avant tout d'"échec de la démocratie française", dans une allusion au niveau d'abstention, autour de 66%.

Fustigeant "une organisation désastreuse et erratique des scrutins par le ministère de l'Intérieur", Marine le Pen s'est, elle, émue d'une "désaffection civique historique" qui constitue à ses yeux "un signal majeur lancé à toute la classe politique et même à toute la société".

Il s'agit d'une "crise profonde de la démocratie locale", a ajouté la dirigeante du parti d'extrême-droite lors d'une déclaration au siège du RN à Nanterre (Hauts-de-Seine).

- "soulagement" -

La défaite du RN a été accueillie avec "soulagement" par le reste de la classe politique, notamment dans les rangs de la majorité présidentielle. Certes, les premiers résultats du scrutin constituent une "déception" pour la République en Marche, a admis le délégué général de LREM, Stanislas Guerini. Mais c'est toutefois "une satisfaction", que le Rassemblement national "ait diminué", a ajouté le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur France 2.

A gauche, le chef de file de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a également exprimé sa satisfaction et son "soulagement" face à la "lourde défaite subie par le RN", en région PACA et "sa joie" face au "magnifique résultat" obtenu à la Réunion par Huguette Bello "qui a su tendre la main aux communistes et aux socialistes pour obtenir la victoire finale".

"Il y a en fait deux blocs qui sortent renforcés de ces élections : il y a le bloc de droite incontestablement, mais il y aussi le bloc écolo et de gauche et on est au fond autour de 34-35%", a souligné de son côté l'eurodéputé EELV Yannick Jadot sur TF1.

Même satisfecit au Parti socialiste dont le Premier secrétaire Olivier Faure s'est félicité de voir les cinq sortants socialistes être "réélus brillamment".

"Le meilleur score de France, c'est celui de Carole Delga", la présidente PS sortante de l'Occitanie, a-t-il insisté. "Il y a une gauche qui se porte mieux, qui est en train de reconquérir un espace. Nous (le PS, NDLR) avons un devoir, celui de rassembler l'ensemble de la gauche et des écologistes pour pouvoir aller vers l'élection présidentielle puisque maintenant tout le monde a les yeux braqués sur la prochaine étape".

A moins d'un an de l'échéance, le président du MoDem et allié d'Emmanuel Macron, François Bayrou, a mis en garde le chef de l'Etat après ce "coup de semonce très important pour la majorité" et "ceux qui sont en responsabilité".

"Les Français probablement n'ont pas aperçu le cap qu'ils avaient reconnu au moment de l'élection du président de la République" en 2017, a-t-il souligné sur LCI. "On ne s'en tirera pas si on considère qu'on peut passer par dessus cette élection et recommencer comme c'était avant".

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