Régionales : Blanquer prudent avant de se jeter à l'eau en Ile-de-France

Cy.C
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Officiellement, le ministre de l'Éducation nationale a fait début décembre un pas décisif pour se soumettre pour la première fois au scrutin populaire en devenant le chef de file de LaREM pour la campagne en Île-de-France.

LaREM l'encourage malgré une majorité présidentielle qui ne fait pas bloc, ses adversaires évoquent le syndrome Agnès Buzyn et ses proches lui conseillent de patienter : Jean-Michel Blanquer avance avec prudence sur le chemin périlleux des régionales en Île-de-France.

Officiellement, le ministre de l'Éducation nationale a fait début décembre un pas décisif pour se soumettre pour la première fois au scrutin populaire en devenant le chef de file de LaREM pour la campagne en Île-de-France.

Dans son entourage, on souligne "l'importance pour le parti macroniste d'être présent dans toutes les régions" lors des prochaines élections, qui auront lieu probablement fin juin avec les présidentielles de 2022 en ligne de mire. Mais les déclarations publiques de Jean-Michel Blanquer entretiennent le doute sur ses intentions: "Je serais très heureux d'arriver à faire émerger quelqu'un d'autre que moi", a-t-il expliqué sur LCI, insistant sur "un travail collectif".

Une candidature controversée

Au sein même du gouvernement, certains n'y croient pas: "Je ne pense pas qu'il aille jusqu'à la candidature", reconnaît un ministre. L'idée n'enthousiasme d'ailleurs pas tous ses proches. "Le meilleur moyen pour lui de servir le président est qu'il reste ministre jusqu'à la fin du quinquennat", confie l'un d'eux. D'autres noms de ministres circulent déjà au cas où : Amélie de Montchalin, Agnès Pannier-Runacher, Gabriel Attal, Emmanuelle Wargon ou encore Roxana Maracineau.

"Il y a beaucoup de ministres du temps libre dans ce gouvernement", ironise l'entourage de Valérie Pécresse, la présidente (LR) sortante d'Ile-de-France, qui pourrait utiliser les régionales comme tremplin pour 2022.

Chez LR, on rappelle aussi les liens entre Jean-Michel Blanquer et la droite, citant comme exemple "sa nomination par Valérie Pécresse à la tête de l'académie de Versailles en 2007 quand elle était ministre de l'Enseignement supérieur". Jean-Michel Blanquer est aussi un proche de l'ancien ministre Xavier Darcos, qui s'était présenté aux régionales en Aquitaine en 2011 et y avait subi une sévère défaite, perdant son poste dans la foulée lors du remaniement qui a suivi.

Le scrutin, c'est "très sain"

"Chez LR, ils n'ont pas envie qu'il y aille", réplique son entourage. "L'enjeu, c'est qu'il soit en mesure de porter autre chose que sa sensibilité, autre chose que son costume de ministre de l'Éducation. Il va falloir en faire un homme politique", estime un cadre macroniste.

"Il a besoin de la case scrutin et il a raison de réfléchir comme ça. Les ministres qui n'ont jamais été en face des électeurs, ça se voit. Il faut aller se frotter au suffrage. C'est très sain", souligne-t-il, assurant que Jean-Michel Blanquer est "à même de rassembler" la majorité présidentielle".

Ce n'est pourtant pas gagné, comme l'a démontré le soutien apporté à Valérie Pécresse cette semaine par dix élus de centre droit, dont la maire du IXe arrondissement de Paris Delphine Bürkli et celle du Ve Florence Berthout, toutes deux ex-LR soutenues par LREM aux dernières municipales. "Ce sont des élus qui soutiennent le gouvernement au niveau national (qui) disent que le choix aux régionales sera entre la droite et la gauche et qu'il faudra choisir", s'est réjoui la présidente sortante cette semaine sur Cnews.

"Pas de place pour LaREM"

En d'autres termes, pour l'entourage de Valérie Pécresse, "il n'y a pas de place pour LaREM" aux élections en Île-de-France, le risque étant de faire le jeu de la gauche avec la candidature probable d'Audrey Pulvar, dont un succès renforcerait Anne Hidalgo, la maire de Paris, dans l'optique de 2022. Dans ces conditions, la décision du Modem s'avère donc cruciale, le parti soutenant Emmanuel Macron sur le plan national et Valérie Pécresse sur le plan régional.

"Nous avons des discussions internes en attente de voir comment LaREM voit les choses qui ne sont pas absolument limpides pour l'instant", reconnaît Yann Wehrling, conseiller (Modem) sortant d'Ile-de-France. "Avec Valérie Pécresse, il y a eu des hauts et des bas, mais globalement ça c'est bien passé", souligne-t-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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