Le régime « paléo » moderne ne correspond pas à ce que mangeaient nos ancêtres

Éléonore Solé, Rédactrice scientifique

La grotte Border Cave, située en Afrique du Sud, était déjà mondialement connue pour la découverte de restes des premiers Homo sapiens. Et il semble qu'elle ait encore moult renseignements à transmettre. En effet, une équipe de chercheurs sud-africains et français vient d'y découvrir des petits tubercules carbonisés. Une découverte qui fait l'objet d'une publication dans la revue Science le 3 janvier. Si cela peut paraître anecdotique au premier abord, ces rhizomes calcinés apportent plusieurs informations importantes sur l'humain paléolithique. 

Fouilles à Border Cave conduites par l'équipe franco-sud-africaine. © Lucinda Backwell

On fait bonne chère dès l'Âge de pierre

Tout d'abord, cela signifie que les habitants de la Border Cave cuisaient volontairement leurs aliments, ou tout du moins leurs aliments végétaux. Cette pratique permettait de rendre ces tubercules plus faciles à digérer pour potentiellement en consommer davantage et en retirer plus de bienfaits nutritionnels. La découverte des restes au sein de la grotte suggère également que la nourriture était partagée, puisque les tubercules ont été ramenés pour être cuits dans les cendres des foyers, et non consommés lors de la cueillette. Parmi les résidus trouvés, les plus anciens sont datés de 170.000 ans. Cela vieillit de 50.000 les premières traces de cuisson non accidentelle !

Ensuite, les aliments récupérés par les chercheurs remettent en question notre conception du régime paléolithique. Jusqu'à présent, il était admis qu'ils consommaient principalement des produits carnés, des fruits et légumes, ainsi que des oléagineux. Mais pas de tubercules.

Le régime paléo était plus complet que ce que l'on pensait

Pourtant, l'identification est formelle : les restes sont des rhizomes appartenant au genre Hypoxis, et probablement à l'espèce Hypoxis angustifolia. Les rhizomes d'hypoxie sont riches en glucides, leur octroyant une valeur énergétique élevée. Cette information pourrait faire évoluer le régime « paléo »...

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