Réfugiés d'Afghanistan: solidarité et désespoir en France après l'arrêt des évacuations

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Alors que la France a mis fin vendredi soir à l'opération Apagan, qui visait à exfiltrer ses ressortissants mais aussi les Afghans menacés par les talibans, plusieurs manifestations étaient organisées samedi dans l'Hexagone.

Plus de 200 personnes se sont réunies samedi 28 août à Strasbourg pour dénoncer l'arrivée des talibans au pouvoir en Afghanistan. En majorité des ressortissants afghans désemparés après l'annonce de la France de mettre fin à son pont aérien qui a permis d'évacuer 2 834 personnes depuis le 17 août. Les conditions de sécurité n'étant plus remplies sur l'aéroport de Kaboul en raison du « désengagement rapide des forces américaines », ont expliqué vendredi la ministre des Armées Florence Parly et le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.

« Une très mauvaise nouvelle »

Dans la capitale alsacienne, la plupart des manifestants portent haut le drapeau national afghan, écrivent des slogans antitalibans. Une cinquantaine de jeunes migrants sont là, très énervés, inquiets. La plupart sont arrivés mineurs en France avec l’espoir d’un avenir meilleur. « Je suis triste et très inquiet pour ma famille avec tous les problèmes liés aux talibans », se désole Issar Ahmed, de Jalalabad. Il va recevoir sa carte de séjour dans un mois et il dit ne plus savoir s’il va rester en France ou pas.

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Les manifestants ont tous un père, un frère, une sœur qu’ils espéraient faire venir. Amin est ancien traducteur de l’armée française. Il a multiplié les lettres recommandées à différents ministères pour faire venir son fils. Il a fondu en larmes quand il a appris l’arrêt des vols d’évacuation : « J’attends et ma femme aussi. Ils ont arrêté les vols. C’est vraiment une très mauvaise nouvelle pour nous. » Un collectif s’est créé pour aider les 150 réfugiés afghans qui sont arrivés jeudi dernier de Kaboul à Strasbourg.

Rassemblement en solidarité avec les femmes afghanes

À Paris, rendez-vous était donné samedi après-midi non loin du ministère des Affaires étrangères pour une mobilisation de soutien pour les femmes afghanes restées sur place. Un rassemblement qui n'a mobilisé qu'une centaine de personnes, comme le regrette Amel, venue avec ses trois filles.

Les communications qui vont être faites vont être reçues par nos amies afghanes, et il est important qu’elles sachent absolument que nous sommes en mouvement ici, souligne-t-elle. L’idéal, ce serait vraiment sur un échelon planétaire. C’est une situation qui est extrêmement effrayante. Il faut savoir qu’actuellement, il y a 5 000 personnes qui sont bloquées à l’aéroport. Et je n’ose même pas imaginé dans quel état de terreur elles doivent être. Il y a des enfants, des femmes, des familles. Là, il s’agit vraiment que tous les pays réagissent, qu’ils fassent en sorte de sauver les personnes qui sont actuellement en danger, parce que ne rien faire, ne pas agir, c’est consentir. Il y a urgence, il faut agir maintenant. On ne sait pas de quoi est fait demain. On sait que les talibans sont confrontés aussi à d’autres groupes politiques et que ces groupes ne veulent pas d’eux. Il faut agir avant que ça ne se détériore et qu’il y ait un nombre incalculable de pertes humaines en fait.

Des manifestations avaient également lieu dans d'autres pays, notamment aux Pays-Bas à Amsterdam sous le slogan « Chaque Afghan a droit à vivre en sécurité » ou encore à Athènes, Ankara où en Russie. La Suisse, l'Italie, l'Espagne et la Suède ont également annoncé vendredi avoir terminé leurs vols d'évacuation, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, le Canada ou l'Australie.

Des réfugiés accueillis par les mairies volontaires

Dans l'Hexagone, depuis le 17 août dernier, des maires de gauche ou écologistes manifestent leur volonté d'accueillir des réfugiés afghans évacués de leur pays suite à l'arrivée au pouvoir des talibans. Depuis mardi dernier, quelques préfectures ont été informées de l'arrivée effective de réfugiés, comme en Isère où quelques dizaines d'Afghans sont déjà accueillis à Pont-de-Claix. « La préfecture de l’Isère a reçu une information comme quoi une soixantaine de personnes allaient arriver sur le département, rapporte Emmanuel Carroz, adjoint au maire de Grenoble en charge des migrations. Elles ont déjà été orientées vers un lieu d’accueil temporaire sur la ville de Pont-de-Claix. Et suite à cet accueil temporaire, il y aura des sollicitations des communes pour mettre des logements à disposition. Donc les logements sont normalement pris en charge par l’État. Ensuite, l’éducation en France étant un droit pour tout garçon et toute fille de 3 à 16 ans, ils seront scolarisés comme n’importe quel enfant sur le territoire. Il y a un diagnostic bien sûr qui est en train d’être fait auprès de ces personnes pour connaître leurs besoins. Ce sera une prise en charge au cas par cas en fonction de leur position familiale, de leurs liens, etc. »

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Une situation encore floue mais qui répond à une urgence, explique-t-il. Car pour le maire divers-gauche de la commune, Christophe Ferrari, accueillir les réfugiés est un devoir républicain.

Pour moi, c’est une absolue nécessité d’accueillir effectivement les réfugiés. On ne peut pas être choqués, émus quand on voit les images de l’aéroport de Kaboul avec ces familles, ces hommes et ces femmes qui s’accrochent aux ailes des avions, puis lorsqu’ils sont en France ne pas les accueillir. C’est notre devoir de les accueillir dignement, dans de bonnes conditions.

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