La réforme des retraites est-elle vouée à muter en projet Frankenstein?

Romain Herreros
Edouard Philippe à l'Assemblée nationale le 21 janvier. 

POLITIQUE - Nous y sommes. Ce vendredi 24 janvier, le projet (très contesté) de réforme des retraites est présenté en Conseil des ministres par le chef du gouvernement Édouard Philippe. La fin d’un long processus de négociations avec les syndicats -surtout la CFDT et l’Unsa- et le début d’une nouvelle ère qui s’annonce tout aussi dense pour un texte qui n’en finit pas de cristalliser les tensions dans de nombreuses professions. 

Dans le détail, le projet gouvernemental se divise en deux avec une loi ordinaire comptant 64 articles et une loi organique qui en compte 5 établissant comme “règle d’or” l’équilibre financier sur cinq ans (et dont l’intérêt est de ne pas pouvoir être défaite par une loi ordinaire). Côté calendrier, l’Assemblée nationale se saisira du texte le 27 février, qui sera examiné en procédure accélérée (avec une suspension pendant les municipales). Objectif affiché par l’exécutif: une adoption du texte avant l’été. Un laps de temps certes court, mais suffisant pour que la réforme prenne des airs de monstre législatif en comparaison du projet initial.

Ordonnances et “texte à trous”

Condition sine qua non pour s’assurer du soutien de la CFDT, la sensible question du financement du système sera traitée en parallèle du travail parlementaire par la fameuse “conférence de financement” réunissant les organisations patronales et syndicales, censées trouver ensemble une alternative à l’âge pivot proposé initialement par Matignon. Si les députés de la majorité ne voient pas où est le problème et répètent à l’envi qu’il n’y a rien de gênant dans ce processus, les élus de l’opposition s’étranglent.

“Cela fait trois ans qu’ils sont dessus et ils vont nous soumettre un texte à trous avec des renvois en pagaille. Les réponses à la question du financement n’y seront pas, pas plus que celles sur les transitions de régimes”, s’émeut auprès de franceinfo l’élu socialiste Boris Vallaud. Même son de cloche du côté du président de la Commission des finances de...

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