Réforme des retraites: "priorité" pour Le Maire, "nécessité absolue" pour Véran

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La réforme des retraites, projet contesté et interrompu par la crise sanitaire, reste une "priorité", selon le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, quand son collègue des Solidarités Olivier Véran y voit une "nécessité absolue" tout en espérant le "débat le plus serein possible".

"Il faudra (...) poursuivre les réformes structurelles: la priorité, ce sont les retraites", a déclaré M. Le Maire au Journal du Dimanche, alors que le flou demeure sur la remise en chantier de ce projet avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron.

"Il est bon que cette réforme ne tarde pas trop", a-t-il complété dimanche lors d'un entretien avec Europe 1/CNews/Les Échos, martelant que le "responsable" de ce dossier reste le président de la République, seul à même de "définir" le calendrier de cette réforme.

À l'origine conçue comme l'une des grandes réformes de la présidence de M. Macron, la refonte du système de retraite a été interrompue début 2020 par le déclenchement de la crise du Covid-19, après avoir provoqué d'importants mouvements sociaux.

M. Macron a, cette semaine, relancé le sujet, jugeant que la réforme ne pourrait être reprise "en l'état" mais prévenant qu'il n'hésiterait pas à prendre des décisions "difficiles" d'ici à l'élection présidentielle du printemps 2022.

"Le président de la République a été clair" quant au fait que la réforme ne pouvait être reprise telle quelle, a admis M. Le Maire dans le JDD. Mais cela n'"exclut pas de tenir compte de la situation individuelle de chacun", a-t-il nuancé, ce principe ayant été présenté par le gouvernement comme la philosophie de base de la réforme.

- "Cinq ans supplémentaires" pour réformer -

Est-ce que l'on s'achemine vers un report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, comme le prône notamment Éric Woerth, président LR de la commission des Finances de l'Assemblée nationale?

"Il y a plusieurs options, ce n'est pas à moi de les définir", a répondu dimanche M. Le Maire, lors de l'entretien avec Europe 1/CNews/Les Échos.

"Mais l'objectif doit être effectivement qu'au bout du compte, nous ayons un volume global de travail plus important pour garantir le niveau de vie de nos enfants, et que tout cela repose sur un principe de justice" et de "souplesse", a-t-il ajouté.

"Pour pouvoir rendre pérenne" le système des retraites, "il y a une nécessité absolue" de le "réformer", a souligné de son côté le ministre des Solidarités et de la Santé, dimanche sur BFM TV. "Nous attendons des rapports (...) qui vont nous permettre de savoir à combien s'élève le trou des retraites et quel serait l'impact de telle ou telle décision", a indiqué M. Véran, en souhaitant "un débat le plus serein possible" sur ce dossier, "en toute transparence et loin des postures idéologiques".

Pour réformer, "je ne considère pas qu'il nous reste quelques mois", mais "qu'il nous reste quelques mois et cinq ans supplémentaires. Donc les réformes ne vont pas s'arrêter en janvier 2022. Il est urgent de continuer", a-t-il considéré.

Faut-il coupler la réforme des retraites et le projet de loi Grand âge, qui lui "pourrait" être présenté dès cet été, selon le ministre des Solidarités? "On n'est pas obligé de corréler les deux" dossiers, a-t-il estimé. Mais "on n'est pas obligé de les dissocier non plus".

Samedi, le président du MoDem François Bayrou, principal allié de M. Macron au sein de la majorité, avait déjà jugé "inéluctable" de mener la réforme des retraites.

Selon une source gouvernementale, le chef de l'État devrait donner plus de détails sur ses intentions début juillet, avec probablement le lancement d'un sommet social.

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