Réforme des retraites : la pétition de l’intersyndicale est déjà un succès

Dénonçant un texte « brutal », de « régression sociale », la pétition lancée par la CFDT, la CGT et l’ensemble des syndicats a été signée par 500.000 personnes en une semaine.

POLITIQUE - Une grosse pétition… Et du monde à Nation ? Le texte lancé par l’intersyndicale contre la réforme des retraites voulue par le gouvernement recueille plus de 500.000 signatures ce mercredi 18 janvier. Un véritable tremplin populaire à la veille de la grande journée de mobilisation organisée par l’ensemble des centrales aux quatre coins du pays. À Paris, le cortège s’élancera de la place de la République dans le 10e arrondissement pour gagner la traditionnelle place de la Nation, dans le 11e.

« La pétition contre le report de l’âge de départ en retraite est déjà un succès », se réjouit ainsi Laurent Berger, le chef de la CFDT, le premier syndicat français, sur les réseaux sociaux. Il appelle à une large diffusion du texte, intitulé « non à cette réforme injuste et brutale », pour « lui donner encore plus de poids et faire entendre » l’opposition de la grande majorité des Français au nouveau couperet des 64 ans.

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Dans leur texte, les organisations syndicales estiment que le projet du gouvernement représente « le choix de l’injustice et de la régression sociale », un choix qui « n’a rien d’une nécessité économique. » Un argumentaire que l’on retrouve également chez les responsables de gauche ou auprès de nombreux économistes.

« Une viralité assez fulgurante »

« Cette réforme va frapper de plein fouet l’ensemble des travailleurs, et plus particulièrement ceux qui ont commencé à travailler tôt, les plus précaires, dont l’espérance de vie est inférieure au reste de la population, et ceux dont la pénibilité des métiers n’est pas reconnue », dénoncent les huit centrales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, FSU et Solidaires) unies dans la fronde. Et d’enfoncer le clou : « Elle va aggraver la précarité de ceux n’étant déjà plus en emploi avant leur retraite, et renforcer les inégalités femmes hommes. »

Un discours qui semble donc trouver son public. « Cette pétition connaît une viralité assez fulgurante », assure Aminata Dembelé, la directrice de Change.org, au HuffPost, « avec 100.000 signataires très rapidement en quelques heures. Et 500.000 en une semaine. » La responsable qui juge le phénomène « assez exceptionnel », rapproche le texte anti-retraite, de celui de Caroline de Haas sur la Loi travail de François Hollande en 2017. Ou de la pétition de Priscilla Ludosky, qui a mené aux gilets jaunes en 2018. Au plus fort des crises, ces deux pétitions ont fini par afficher 1,2 million de soutiens. Rebelote quelques années plus tard ?

« Si vous allez voir les commentaires vous pouvez voir que cela touche tous les âges (...) toutes les générations, sans distinction de classe. Cela touche tout le monde », estime Aminata Dembelé pour expliquer la viralité du texte de l’intersyndicale. D’autant, estime-t-elle, que c’est une première pour pas mal de signataires. « La pétition permet à des gens de connaître une première action militante », croît-elle savoir.

Signe, supplémentaire, de ce succès rapide : la pétition dépasse déjà le seuil de signatures nécessaires pour que le Cese (le Conseil économique et social) se penche dessus. Fixé à 500.000 avant 2021, il a été revu à la baisse et réclame désormais 150.000 soutiens. Qu’ils proviennent d’un format numérique ou papier. Une fois saisi, le Conseil peut rendre un avis ou une résolution (consultatif) sur le fond du sujet. En attendant, les signataires du texte ont rendez-vous dans la rue jeudi, pour passer du clavier au bitume.

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