Réforme des retraites: Nicolas Sarkozy estime que "le 49.3, c’est une preuve de faiblesse"

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy le 7 mai 2022 à Paris - GONZALO FUENTES / POOL / AFP
L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy le 7 mai 2022 à Paris - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

"Je n’ai jamais utilisé le 49.3". L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a donné son avis négatif sur l'utilisation de l'article 49.3 ce mercredi, lors d'un colloque à l'Institut de France, alors que le gouvernement actuel a évoqué la possibilité de l'utiliser pour faire passer sa réforme des retraites.

"J'ai été président de la République cinq ans, je n’ai jamais utilisé le 49.3", a déclaré Nicolas Sarkozy, "pour moi le 49.3, c’est une preuve de faiblesse".

L'article 49 alinéa 3 de la Constitution française prévoit la possibilité de faire adopter un projet de loi par le gouvernement, sans vote de l'Assemblée nationale. Cette décision peut être renversée si "une motion de censure est déposée dans les 24 heures et signée par au moins un dixième des membres de l'Assemblée nationale", explique le site du gouvernement.

"Ils voulaient vraiment que je mette le 49.3"

Nicolas Sarkozy assure avoir eu pendant son mandat "beaucoup de pression" pour avoir recours à cet article, "notamment quand on a eu cette idée de passer la retraite de 60 à 62 ans". Cela "a été difficile parce qu'autour de moi ils voulaient vraiment que je mette le 49.3, mais non", assure-t-il.

Pour lui, avoir fait voter le texte à l'Assemblée nationale a prémuni de violences potentielles lors des manifestations contre sa réforme. Il évoque ainsi un rassemblement ayant réuni 3 millions de personnes lors de cette période. Manifestation lors de laquelle "il n'y a pas eu une violence", assure-t-il.

"Si j'avais mis le 49.3, et si j'avais contraint l'Assemblée à voter, je ne peux pas dire ce qu'il se serait passé, mais je pense que je prenais un risque de violence", explique-t-il, "car malgré tout, le débat à l'Assemblée nationale, au Parlement, au Sénat, c'est un peu comme la vapeur d'une cocotte-minute: si vous laissez sortir un peu de vapeur, c'est mieux pour ne pas risquer l'explosion."

"Je ne dis pas que c'est lié, ça serait trop simpliste, mais je ne peux pas ne pas, avec le recul, faire le lien entre ce débat que je n'ai pas voulu contraindre au Parlement, qui est quand même un lieu de débat, et le résultat. Et si c'était à faire, je le referais", dit-il.

Article original publié sur BFMTV.com