Sur la réforme des retraites, le MoDem ne proposera pas d’amendement sur les 35 h

Jean-Paul Matteï, président du groupe MoDem, enterre l’amendement évoqué par quelques députés sur une révision à la hausse de la semaine de 35 heures dans le cadre de la réforme des retraites.
STEPHANE DE SAKUTIN / AFP Jean-Paul Matteï, président du groupe MoDem, enterre l’amendement évoqué par quelques députés sur une révision à la hausse de la semaine de 35 heures dans le cadre de la réforme des retraites.

POLITIQUE - À peine évoqué, déjà enterré. Les députés MoDem renoncent finalement à leur amendement déposé dans le cadre de la réforme des retraites et visant à augmenter de 35 à 35,5 heures la durée hebdomadaire de travail, indique le président du groupe Jean-Paul Matteï ce lundi 23 janvier.

« Il ne s’agissait que d’une proposition. Nous avons travaillé sur plusieurs hypothèses, mais nous n’avons déposé aucun amendement à ce stade » sur une augmentation de la durée de travail, tranche Jean-Paul Matteï auprès de nos confrères de L’Opinion, dénonçant un « emballement médiatique ».

La veille, plusieurs députés du groupe centriste ont fait savoir qu’ils travaillaient à un amendement visant à « travailler 30 minutes de plus par semaine, à l’image un peu de ce qui avait été fait avec la journée de solidarité », selon les précisions de l’élu d’Eure-et-Loir Philippe Vigier à l’AFP. Cette mesure permettrait de « gagner un poil plus, et de faire entrer des cotisations sociales, qui aideraient à financer la réforme », a-t-il ajouté, évaluant à 1,7 milliard d’euros par an son apport financier.

Le MoDem « votera le texte quoi qu’il en soit »

Mais toucher aux 35 heures, acquis social emblématique, est explosif. À peine évoquée, la proposition a fait hurler la gauche. Quant au gouvernement, déjà à la manœuvre sur le recul de l’âge légal de départ à la retraite, hors de question de se lancer en plus sur un terrain aussi miné. « Le gouvernement n’a aucune intention d’ouvrir un débat sur les 35 heures », a déclaré très fermement la Première ministre Élisabeth Borne devant la presse à l’occasion de ses vœux ce lundi. Quelques heures plus tôt, son ministre du Travail Olivier Dussopt ne disait pas autre chose à la sortie du Conseil des ministres.

La réforme des retraites sera présentée le 6 février à l’Assemblée, dans le cadre du projet de loi rectificatif de financement de la sécurité sociale. Jean-Paul Matteï assure que « le groupe MoDem votera le texte quoi qu’il en soit ». Une majorité des élus LR devraient aussi apporter son soutien, même si quelques voix dissonantes se font entendre. À gauche comme au Rassemblement national, c’est un non catégorique. Et dans la majorité ? Malgré les rappels à l’ordre fermes de la présidente du groupe Renaissance Aurore Bergé, certains élus, comme Patrick Vignal, ont indiqué qu’en l’état, ils ne pourraient voter le texte. Serait-il temps pour le gouvernement de sortir les calculettes ?

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