Réforme des retraites : la majorité cherche (encore) sa méthode

Édouard Philippe, Élisabeth Borne et Stéphane Séjourné photographiés au lancement de « Renaissance » à Paris samedi 17 septembre (illustration).
JULIEN DE ROSA / AFP Édouard Philippe, Élisabeth Borne et Stéphane Séjourné photographiés au lancement de « Renaissance » à Paris samedi 17 septembre (illustration).

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Édouard Philippe, Élisabeth Borne et Stéphane Séjourné photographiés au lancement de « Renaissance » à Paris samedi 17 septembre (illustration).

POLITIQUE - L’idée, c’est bon. La date d’entrée en vigueur, pareil. La façon d’atteindre l’objectif, en revanche, c’est bien plus compliqué. Alors que le ministre du Travail Olivier Dussopt reçoit ce lundi 19 septembre les partenaires sociaux pour une « réunion de concertation » sur la question des retraites, la majorité tâtonne encore sur la méthode.

Au point de débattre à ciel ouvert de la meilleure stratégie à adopter. Alors que l’exécutif n’écartait pas l’idée de réformer via le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), qui sera présenté en conseil des ministres lundi 26 septembre, l’option a été qualifiée de « passage en force » par François Bayrou.

« Débats de forme »

Pourtant, Emmanuel Macron a confirmé en début de semaine devant la presse sa volonté d’aller vite sur ce dossier, qu’il voudrait voir clos en 2023, n’écartant ni la possibilité du PLFSS ni l’hypothèse d’un 49-3.

Chez les marcheurs, plusieurs parlementaires poussent également dans ce sens, jugeant que l’examen du PLFSS offre une bonne fenêtre de tir pour tenir les délais.

De quoi semer le trouble et entretenir des « débats de forme » dont se passerait bien le nouveau patron du parti présidentiel, Stéphane Séjourné. « Personne ne veut un passage en force sur cette réforme des retraites », a tenu à rassurer ce dimanche 18 septembre lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro le nouveau secrétaire général de Renaissance, qui assure que des discussions auront bien lieu au Parlement. Quand et comment ? Mystère.

« Il y aura soit un débat cet automne, soit un débat sur un texte dédié, la question n’est pas encore tranchée », admet l’eurodéputé, qui indique qu’un possible recours à l’article 49-3 fait bien partie des options envisageables.

« Si le gouvernement l’utilise il prendra aussi une forme de risque, ce n’est pas un passage en force », a-t-il affirmé, citant la « motion de censure » auquel le gouvernement s’exposerait car ne disposant que d’une majorité relative à l’Assemblée.

« Il n’y a rien d’infamant à utiliser le 49-3. Ce qui n’est pas normal c’est utiliser le 49-3 sans la préparation nécessaire pour le texte », prévient de son côté François Bayrou, uniquement opposé à l’idée de réformer via le PLFSS.

L’ultimatum de la CFDT

Il faut dire que cette option est accueillie avec hostilité par les syndicats, dont ceux qui sont plutôt favorables à la réforme. « S’il y a un amendement dans le PLFSS sur les retraites, la CFDT, de facto, elle sort du CNR et des discussions sur tous les sujets », a prévenu ce dimanche sur France inter le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger.

Selon lui, inscrire cette réforme dans le paquet du budget de la sécu constituerait une « forme de mépris des organisations syndicales ». Sur le plateau de France 3, Olivier Dussopt a pourtant continué de considérer cette option. « Ça peut être en octobre, comme ça peut être au printemps (...) Cela fait partie des procédures possibles », a déclaré le ministre du Travail.

« L’objectif, c’est que les premiers éléments de la réforme puissent être mis en œuvre courant 2023 parce que nous avons une urgence à agir et surtout à équilibrer le système », a-t-il insisté, précisant que l’objectif de la rencontre avec les partenaires sociaux  de ce lundi est surtout de s’entendre sur le diagnostic et donc, sur la nécessité de réformer.

Ce qui, au regard des nombreuses divergences qui s’expriment sur ce sujet explosif, est loin d’être acquis.

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