Réforme des retraites: LR a-t-il réussi à imposer sa vision sur le texte?

Éric Ciotti et Olivier Marleix le 12 mai 2020 à l'Assemblée nationale - GONZALO FUENTES / POOL / AFP
Éric Ciotti et Olivier Marleix le 12 mai 2020 à l'Assemblée nationale - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Les Républicains ont-ils réussi à imposer tous leurs critères pour la prochaine réforme des retraites? La réponse sera donnée ce mardi lors d'une conférence de presse de la Première ministre, mais les dernières tendances semblent le confirmer. En effet, Élisabeth Borne devrait finalement proposer une réforme prévoyant un report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, contre 62 ans actuellement.

Un report jusqu'à 65 ans avait d'abord été mis sur la table par l'exécutif. Mais c'est bien l'hypothèse des 64 ans, avec au rythme de trois mois de plus par génération afin d'arriver à cet âge de départ à la retraite pour les personnes nées à partir de 1968, qui est "privilégiée" par le gouvernement, selon les informations de L'Opinion, confirmées de sources concordantes à BFMTV. Quant à la durée de cotisations, elle ne devrait pas excéder les 43 ans.

Des modalités qui se rapprochent des positions avancées par plusieurs membres éminents des Républicains, dont le soutien à l'Assemblée nationale est nécessaire pour permettre le vote de cette réforme, sans passer par le 49.3.

Le "chiffon rouge" des 65 ans oublié?

Les LR semblent d'abord avoir obtenu gain de cause sur l'âge de départ à la retraite finalement décidé, mais aussi sur le rythme auquel il serait atteint. Le président des LR Éric Ciotti a annoncé dans le JDD de ce dimanche avoir demandé à la Première ministre "d'atténuer la brutalité de la réforme" qui doit, selon lui, "s'étaler sur deux quinquennats, à l'horizon 2032".

"Je pense que l’âge légal de départ en retraite pourrait être fixé au terme de cette période à 64 ans, avec une étape intermédiaire à 63 en 2027", a-t-il estimé.

Le président du groupe LR à l'Assemblée nationale Olivier Marleix avait lui aussi indiqué qu'il ne soutiendrait pas une réforme comportant un report de l'âge légal de départ à 65 ans, qu'il qualifiait de "chiffon rouge", "trop brutal".

"Il faut faire une réforme des retraites, allons y pas à pas, 63 ans d'ici la fin du quinquennat, un trimestre par an, ce serait déjà pas mal", avait réclamé Olivier Marleix sur LCP en décembre dernier.

Même chose pour Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR. "J'ai l'impression que le point d'atterrissage du gouvernement sera la proposition du Sénat", avait-il déclaré à l'AFP après s'être entretenu avec la Première ministre, rappelant que le Sénat propose depuis plusieurs années un texte prévoyant un report de l'âge de la retraite à 64 ans.

Un rapprochement des positions qui devrait permettre au gouvernement d'obtenir les votes des LR. "On n'a pas envie de faire plaisir au gouvernement, mais on ne peut pas ne pas voter quelque chose dont on parle depuis des années", a commenté un proche d'Eric Ciotti, qui salue un "relationnel plutôt bon avec Borne".

Vers une durée maximale de 43 ans de cotisations?

Côté durée des cotisations, les LR pourraient aussi avoir gagné. Olivier Marleix aurait déclaré vendredi "qu'à un moment, la durée (de cotisations) doit l'emporter sur l'âge", selon le Parisien, qui précise que la durée évoquée s'établit à 43 ans.

Cela signifie qu'un salarié, qui aurait travaillé pendant 43 ans, pourrait partir à la retraite sans décote, peu importe son âge. Un point "encore en discussion", selon plusieurs proches d'Olivier Marleix, cités par le journal.

Pourtant, les dernières déclarations d'Élisabeth Borne semblent aussi aller dans ce sens. "Nous n'irons pas au-delà des 43 années de cotisations prévues dans la réforme Touraine pour avoir une retraite à taux plein", avait déclaré la Première ministre sur Franceinfo mardi.

Le texte examiné en Conseil des ministres le 23 janvier

Les Républicains plaident aussi pour que les personnes actuellement à la retraite ne touchent pas moins de 85% du SMIC, un changement que le gouvernement prévoit pour l'instant seulement pour les futurs retraités. Cette proposition est soutenue par certains membres de la majorité, et le gouvernement n'en exclue pas l'étude, selon nos informations.

Après sa présentation devant la presse mardi, le texte sera examiné en Conseil des ministres le 23 janvier mais les syndicats, qui se réunissent mardi soir, envisagent de mobiliser avant cette date, alors qu'à gauche la Nupes tient meeting les 10 et 17 janvier et que LFI manifeste le 21.

Le projet de loi doit passer en commission à l'Assemblée nationale à partir du 30 janvier, et dans l'hémicycle le 6 février, pour deux semaines, selon des sources parlementaires.

Article original publié sur BFMTV.com