Réforme des retraites : les Français ne veulent pas repousser l’âge de départ, même à 64 ans - EXCLUSIF

Réforme des retraites : les Français ne veulent pas repousser l’âge de départ, même à 64 ans - EXCLUSIF (photo prise le 12 décembre à l’Elysée lors du CNR)
GONZALO FUENTES / AFP Réforme des retraites : les Français ne veulent pas repousser l’âge de départ, même à 64 ans - EXCLUSIF (photo prise le 12 décembre à l’Elysée lors du CNR)

POLITIQUE - Pour les syndicats, c’est non. Pour les Français, aussi. Le gouvernement ne parvient toujours pas à convaincre la population des bienfaits, ou de l’opportunité de mener une réforme qui repoussera l’âge légal de départ en retraite. C’est en tout cas les principaux enseignements d’un sondage mené par YouGov pour Le HuffPost en ce tout début de mois de janvier, à l’heure où les choses s’accélèrent sur ce dossier épineux.

Selon plusieurs responsables syndicaux, reçus mardi et mercredi par la Première ministre à Matignon, Élisabeth Borne va effectivement annoncer une « mesure d’âge » lundi 10 janvier prochain. « Je mets une grosse pièce sur 64 ans, avec l’accélération de la réforme Touraine », nous expliquait le président de la CFTC, Cyril Chabanier, mercredi, au sortir de son rendez-vous, à l’unisson d’une petite musique qui fait désormais de cette hypothèse l’une des plus probables.

Quitte à revenir sur la promesse présidentielle des 65 ans… Et faire de ce recul stratégique une mise en scène de l’ouverture à la négociation ? Ou le reflet d’une attention particulière aux préoccupations du pays, selon les vœux d’Emmanuel Macron lors du premier Conseil des ministres de l’année ? Si la stratégie peut paraître rodée, elle fait face à un problème : Les Français ne veulent pas de ce report… Quel que soit le nouveau couperet.

Au final, qui est pour ?

Dans le détail, 70 % des Français sont contre l’hypothèse la plus rude, qui porterait l’âge légal de départ en retraite à 65 ans, soit la promesse du candidat Macron en 2022. Celle sur laquelle ses soutiens affirment qu’il a été élu. Une opposition qui traverse (presque) toutes les sensibilités politiques… Avec plus ou moins de vigueur.

Si les électeurs macronistes sont seuls à être majoritairement « pour » un tel projet (67 % contre 29 %), le Rassemblement national (87 % d’opinions défavorables), puis la Nupes (77 %), gagnent la palme de la plus grande hostilité. Dans ce contexte, il est intéressant de noter que les électeurs Les Républicains sont bien plus rétifs que leurs représentants à l’idée de réformer les retraites. Ils sont même 50 % à ne pas vouloir des 65 ans, contre 46 % à y être favorables.

Des données -délicates pour le gouvernement- qui changent très peu quand on interroge les Français sur leur perception d’un âge de départ à 64 ans, l’hypothèse qui semble aujourd’hui tenir la corde. Au total, 65 % des personnes sondées par YouGov s’y opposent, soit cinq points de moins, seulement, que pour l’option la plus dure… Dans la lignée de l’ensemble des syndicats, tous hostiles à une quelconque « mesure d’âge. »

Plus précisément, environ 8 sympathisants de la Nupes sur 10 n’en veulent pas. Même chiffre du côté du Rassemblement national quand les avis sont parfaitement partagés chez les électeurs enclins à voter pour Les Républicains (50 % d’avis favorables contre 49 %). On a connu plus grand plébiscite.

Les Français ne veulent pas « travailler plus longtemps »

En réalité, derrière la question du report à 64 ou 65 ans, c’est toute la philosophie de l’exécutif que les Français ont du mal à entendre. À la question de savoir s’ils sont d’accord avec le mantra répété par Emmanuel Macron et Élisabeth Borne à l’envi sur la nécessité de « travailler plus longtemps » à l’échelle d’une vie, 66 % des Français répondent « non ». Plus franc, encore, 7 sondés sur 10 disent ne pas être « prêts » à le faire.

De là à croire qu’Olivier Dussopt, le ministre du travail se trompe, il n’y a qu’un pas. « Les Français sont plus raisonnables que certains responsables syndicaux et politiques », a-t-il estimé mercredi, dans les colonnes du Parisien, pour minimiser le risque de fronde sociale, après les dernières négociations avec les centrales. Et d’ajouter : « Les Français comprennent parfaitement ce qu’on doit faire. » Rien n’est mois sûr.

Enquête réalisée en ligne du mardi 3 au jeudi 5 janvier sur 1 023 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. En partenariat avec YouGov.

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