Retraites : "détermination" des opposants avant la présentation en Conseil des ministres

David ARRODE
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Retraite aux flambeaux le 23 janvier 2020 à Paris contre la réforme des retraites

Paris (AFP) - Des retraites aux flambeaux jeudi soir, à la veille de la 7e journée nationale de manifestations : les opposants affichent leur "détermination" pour arracher le retrait de la réforme des retraites présentée vendredi en Conseil des ministres.

Après sept semaines de conflit, les deux projets de loi - organique et ordinaire - instituant le "système universel" de retraite par points promis par Emmanuel Macron seront à l'ordre du jour de l'exécutif vendredi, avant d'être transmis à l'Assemblée nationale, où les débats débuteront le 17 février, pour un premier vote début mars.

Dans un entretien à La Croix, le Premier ministre Édouard Philippe annonce que la conférence de financement, qui doit réunir les partenaires sociaux afin de trouver d'ici fin avril les moyens de garantir l'équilibre financier du système de retraite d'ici 2027, sera lancée le 30 janvier.

Côté opposants, "la détermination ne faiblit pas", a prévenu le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez sur Public Sénat, avec le soutien d'une majorité de Français, qui sont 61% à demander le retrait de la réforme, selon un sondage Elabe publié mercredi. La journée du 30 pourrait faire l'objet d'une nouvelle journée de "temps fort", selon la CGT.

La CFE-CGC a toutefois souhaité "faire (une) pause" après la mobilisation de vendredi: "nos gens sont difficilement mobilisables sur la durée, ils ont des responsabilités et ne sont pas demandeurs que l'activité économique soit trop perturbée", a déclaré Gérard Mardiné, numéro deux de la confédération des cadres.

La CFE-CGC dit néanmoins vouloir rester au sein de l'intersyndicale (avec la CGT, FO, Solidaires, FSU, et des organisations de jeunesse), qui doit se réunir vendredi à 08H00, avant le départ prévu à 11H00 de la manifestation parisienne entre la République et la place de la Concorde.

Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a lancé jeudi un appel "à la responsabilité" pour éviter des incidents, annonçant "des moyens humains et matériels significatifs" du côté des forces de l'ordre. Entre 5.000 et 6.000 fonctionnaires devraient être déployés.

"Il faut cesser de stigmatiser le droit de manifester, le droit de grève, qui est un droit démocratique et républicain", a rétorqué Yves Veyrier (FO) sur Franceinfo,

- La CFE-CGC veut une "pause" -

Des retraites aux flambeaux étaient prévues jeudi soir dans quelque 150 villes, dont Paris, selon un décompte du syndicat Solidaires. Plusieurs milliers de personnes ont ainsi commencé à défiler à Paris de la place de la Nation, certaines portant des flambeaux enflammés, d'autres des guirlandes électriques, peu avant 19H00.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient également réunies à Strasbourg, Lyon ou Metz, selon des journalistes de l'AFP.

A Lille, la préfecture a interdit l'utilisation de flambeaux, "artifices de divertissement" et "objets enflammés de type torche".

Le secrétaire général de la CGT Énergie Paris, Cédric Liechti, a annoncé "un regain de mobilisation". Son syndicat a voté la mise à l'arrêt des trois usines d'incinération d'Ile-de-France, à compter de jeudi soir.

Dans le secteur maritime, l'opération trois jours de "ports morts" se poursuit jusqu'à vendredi.

- Métros très perturbés vendredi -

Après un retour à la quasi-normale les jours précédents, le trafic SNCF sera à nouveau perturbé vendredi avec 7 TER sur 10 en région, 6 Transilien sur 10 en banlieue parisienne, mais le trafic TGV sera normal.

La circulation des métros parisiens sera "très perturbée", mais "aucune ligne (ne sera) totalement fermée", avec une circulation sur au moins une partie des lignes à certaines heures de la journée et à une moindre fréquence, selon la RATP.

Dans le trafic aérien, "des perturbations sont à prévoir", prévient la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Et selon le syndicat SNUipp-FSU (majoritaire), 40% des enseignants du premier degré devraient faire grève vendredi.

Devant les actions coups de poing qui se multiplient, l'entourage d'Édouard Philippe a pointé la "radicalisation" d'une minorité de "jusqu'au-boutistes".

Deux des neuf syndicats de fonctionnaires qui ont poursuivi les rencontres avec le gouvernement cette semaine sur le projet de réforme, la CFDT et l'Unsa, ont estimé que des "avancées" avaient été obtenues.