Réforme des retraites: des députés LR pourraient déposer une motion de censure en cas de 49.3

Le groupe LR devant l'Assemblée nationale le 26 juin 2022 - Alain JOCARD / AFP
Le groupe LR devant l'Assemblée nationale le 26 juin 2022 - Alain JOCARD / AFP

La tension monte d'un cran. Après un dîner mercredi soir à l'Élysée, lors duquel le président a confirmé à nouveau sa volonté de faire passer l'âge de départ à la retraite, actuellement fixé à 62 ans, à 65 ans, la droite se fait entendre.

Alors que la majorité présidentielle comptait sur les voix des Républicains pour faire adopter cette réforme, probablement en janvier prochain lors d'un budget rectificatif de la Sécurité sociale, la porte semble fermée.

"S'il y a une volonté de passer en force, je pense que c'est un casus belli. On sera plusieurs chez LR à vouloir déposer une motion de censure", a avancé le député Raphaël Schellenberger au micro de BFMTV.

298 voix possibles

En cas d'examen d'un texte budgétaire, l'exécutif peut utiliser le 49.3, cette arme constitutionnelle qui permet d'adopter un texte sans vote. Alors que le Rassemblement national et la Nupes sont farouchement opposés à cette réforme, il semble très probable que cette cartouche soit utilisée. En l'absence de soutien de la droite, elles n'ont cependant aucune chance d'être adoptée.

Mais si les LR rentrent dans la danse, la donne change. Alors qu'il faut 289 voix pour faire adopter une motion de censure qui renverserait le gouvernement d'Élisabeth Borne, la majorité présidentielle peut sortir la calculette. En cas de motion de censure qui rassemblerait très largement toutes les oppositions, elle pourrait recueillir 298 voix.

L'option semble cependant peu probable: la Nupes a jusqu'ici toujours refusé de voter les motions de censure déposées par le Rassemblement national. Le mouvement de Marine Le Pen a elle, déjà soutenu à deux reprises, un texte de ce type déposé par les insoumis.

Le spectre de la dissolution

Quant aux Républicains, alors qu'un noyau dur de députés est réputé proche de la majorité, on peine à imaginer l'ensemble de ses 60 députés déposer une motion de censure ou voter celle d'un autre groupe. Après une présidentielle jugée catastrophique, la droite estime également avoir sauvé les meubles lors des dernières législatives. Pas de quoi leur donner très envie de retourner devant les électeurs.

"S'il y a une motion de censure qui est votée, je dissous tout de suite" l'Assemblée nationale, avait en effet menacé en privé le président en septembre dernier.

Pour tenter d'arrondir les angles, Élisabeth Borne recevra mardi et mercredi prochain les patrons des groupes parlementaires à Matignon avant de dévoiler jeudi les contours précis de la réforme.

Article original publié sur BFMTV.com