Réforme des retraites : Cyril Chabanier (CFTC) débriefe son rendez-vous avec Borne

« Je mets une grosse pièce sur 64 ans », le chef de la CFTC Cyril Chabanier nous debriefe son rendez-vous avec Borne
CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP « Je mets une grosse pièce sur 64 ans », le chef de la CFTC Cyril Chabanier nous debriefe son rendez-vous avec Borne

POLITIQUE - Le tableau se dessine. Élisabeth Borne achève ses dernières consultations avec les responsables des différents syndicats, ce mercredi 4 janvier, à quelques encablures de la présentation d’une réforme des retraites aussi risquée que décriée dans la sphère publique.

Deux jours de négociations qui n’auront pas permis de bouger les lignes : toutes les centrales s’opposent au recul de l’âge légal de départ en retraite, une mesure promise en 2022 par le candidat Macron et martelée comme un impondérable depuis sa réélection. Même la CFDT et la CFTC, les deux organisations présentées comme « réformistes » et les plus enclines, au départ, à une refonte du système, sont prêtes à se mobiliser.

La position de l’exécutif « ne bougera plus sur le report de l’âge de départ, alors on combattra la mesure », affirme Cyril Chabanier, président de la CFTC, au sortir de son rendez-vous à Matignon. Le dirigeant de la centrale d’inspiration chrétienne revient, pour Le HuffPost, sur ces dernières négociations et affiche sa « détermination » à lutter contre cette « injustice » à venir. « Y compris dans la rue. »

Le HuffPost : Quel a été le discours d’Élisabeth Borne au cours de cet entretien ?

Cyril Chabanier : Le rendez-vous s’est passé en deux phases. On a refait un point sur l’emploi des seniors, le niveau minimum des pensions, les droits familiaux… Là-dessus, on arrive à échanger, faire des propositions avec des débouchés qui peuvent être intéressants.

Seulement, dès que l’on parle du financement, le gouvernement est complètement bloqué, arc-bouté sur le report de l’âge légal de départ. Quand on évoque d’autres moyens de financement, nos propositions sont balayées d’un revers de main. Certes, la Première ministre dit que les 65 ans ne sont pas un totem, mais enfin, 64 ans, plus l’accélération de la réforme Touraine [pour atteindre plus rapidement les 43 ans de cotisation nécessaires pour partir en retraite], ça reste très salé.

La Première ministre va donc annoncer un report à 64 ou 65 ans le 10 janvier prochain ?

Je mets une grosse pièce sur 64 ans, avec l’accélération du rythme de la réforme Touraine.

Avez-vous obtenu des aménagements, des améliorations au cours de ces derniers échanges ?

Je pense que l’on peut obtenir le fait que le minimum de pension ne concerne pas uniquement le « flux », les personnes qui arrivent à la retraite, mais également le « stock », à savoir celles qui sont déjà en retraite. Le fait que les critères ergonomiques de pénibilité puissent au moins servir dans les congés de reconversion, ou être pris en compte dans un départ anticipé, pourra également être obtenu. Ou encore, créer un index pénalisant les entreprises qui ne jouent pas le jeu dans l’emploi des séniors… Il reste des choses à négocier, on peut encore avancer sur certains points. Mais quand vous mettez ces mesures-là dans la balance avec le report de l’âge de départ, ça ne tient pas la route.

Quel est votre état d’esprit après ce rendez-vous ?

On ressort de Matignon déterminés, combatifs, parce que l’on peut encore faire évoluer certaines choses, mais un peu pessimistes avec cet acharnement sur le report de l’âge légal. Je pense que cela ne bougera plus, alors on combattra cette mesure, y compris dans la rue.

À la CFTC, on ne le fait qu’en dernier recours, mais quand on y va, c’est parce que l’on veut lutter contre une vraie injustice. On a l’impression que ce report est devenu un marqueur politique, une trace que ce président veut laisser, alors que d’autres solutions sont possibles. C’est pour cela que nous serons dans la rue.

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