Réforme des retraites : Ciotti et Retailleau prêts à la voter (à une condition)

Les Republicains (LR) MP Eric Ciotti (L) speaks with the President of Les Republicains (LR) group at the French Senate Bruno Retailleau ahead of the TV debate, prior to the first round of the election for the presidency of the right-wing party Les Republicains (LR), at the LCI television studios in Boulogne-Billancourt, west of Paris, on November 21, 2022. (Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP)
CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP Les Republicains (LR) MP Eric Ciotti (L) speaks with the President of Les Republicains (LR) group at the French Senate Bruno Retailleau ahead of the TV debate, prior to the first round of the election for the presidency of the right-wing party Les Republicains (LR), at the LCI television studios in Boulogne-Billancourt, west of Paris, on November 21, 2022. (Photo by Christophe ARCHAMBAULT / AFP)

POLITIQUE - C’est un sacré point pour Emmanuel Macron. À l’occasion de l’unique débat organisé par LCI ce lundi 21 novembre pour départager les trois candidats à la présidence de LR, deux d’entre eux ont clairement ouvert la porte à la réforme des retraites, sur laquelle l’exécutif semble hésiter.

Éric Ciotti et Bruno Retailleau ont clairement répondu « oui » à la question : « voterez-vous la réforme des retraites d’Emmanuel Macron ? » Seul Aurélien Pradié, troisième candidat et benjamin de la compétition, s’y est fermement opposé.

Le symbole est d’importance pour la majorité relative du président, qui cherche tant bien que mal des alliés pour tous les textes – hors budget où le 49-3 est actionné à chaque fois - au Parlement. Car le premier, Éric Ciotti, est un pilier du groupe LR au Palais Bourbon. Il y est élu depuis 2007 et occupe le poste stratégique de questeur de l’Assemblée. Le second est le patron du premier groupe du Sénat, le groupe LR, majoritaire à la chambre haute.

Ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron est une girouette qu’on doit l’être à notre tour.

Néanmoins, tous deux ont bien précisé que leur vote « pour » dépendrait tout de même du texte qui serait présenté par le gouvernement. « Si la réforme correspond à ce que nous avons toujours voulu, oui je la voterai », a répondu clairement le sénateur de Vendée, Bruno Retailleau, avant d’ajouter : « Ce n’est pas parce qu’Emmanuel Macron est une girouette qu’on doit l’être à notre tour ».

Éric Ciotti a déclaré peu ou prou la même chose, en ajoutant « nous ne voulons pas le chaos », pour se distinguer des groupes RN ou LFI de l’Assemblée nationale. « Si ça protège le système de retraite et les pensions des retraités, oui je la voterai », a acquiescé le député des Alpes-Maritimes.

Aurélien Pradié, le challenger de la compétition, s’est largement distingué de ses concurrents - comme sur d’autres dossiers, à commencer par le port de l’uniforme à l’université qu’il défend. Pour celui qui veut incarner « une droite populaire », pas question de toucher à la réforme des retraites à ce stade. « Qu’on fasse d’abord le ménage dans l’aide médicale d’État ou qu’on s’occupe des emplois vacants », a-t-il par exemple suggéré, estimant qu’il faut d’abord faire des économies ailleurs ou mettre de nouveaux cotisants sur le marché du travail. « Et quand on aura fait tous ces efforts-là, on demandera des efforts aux travailleurs », a-t-il affirmé, refusant d’incarner ce qu’il nomme « la droite des punitions ».
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