Réforme des retraites : la CFDT de Laurent Berger contraint à jouer la force

© Eric Dessons/JDD

Ils ont beau être orange, leurs gilets sembler porter un peu de la colère du jaune qui a envahi les ronds-points de France, voilà quatre ans. La couleur de leur syndicat, la CFDT, a inondé les rues jeudi. « Il y a un mois, je partais à 60 ans avec neuf trimestres de cotisés avant dix-huit ans. Aujourd’hui, c’est 62 ans, c’est pas possible, faut arrêter la casse », tempête ce militant de la fédération chimie-énergie, la plus importante de la CFDT, croisé avec une dizaine d’autres à la manifestation parisienne.

Douze ans, depuis le passage de 60 à 62 ans décidé par le gouvernement Fillon , que l’on n’avait vu telle participation du – désormais – premier syndicat de France à un mouvement social. La centrale réformiste, avec ses sept autres homologues, défilera à nouveau le 31 janvier. Une opposition inattendue, y compris au sein du gouvernement qui espérait, sinon un soutien de la CFDT, au moins une discrète fronde. Raté. En quelques semaines, Laurent Berger, le secrétaire général, s’est mué en contestataire malgré lui et son syndicat, traditionnellement partisan du dialogue social, en opposant radical.

Quand l’intersyndicale s’était réunie, le 10 janvier, au moment où Élisabeth Borne dévoilait les contours de la réforme des retraites, c’est le cédétiste qui avait pris la parole face aux journalistes pour annoncer la première mobilisation. « Philippe Martinez, le leader de la CGT, a poussé Berger à jouer le rôle de l’intransigeant », analyse Bernard Vivier, directeur de l’Inst...


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