Réforme des retraites : Élisabeth Borne exclut plusieurs pistes

Élisabeth Borne a exclu certaines pistes concernant la réforme des retraites voulue par l’exécutif. (Photo : Élisabeth Borne sur franceinfo le 3 janvier 2023)
Élisabeth Borne a exclu certaines pistes concernant la réforme des retraites voulue par l’exécutif. (Photo : Élisabeth Borne sur franceinfo le 3 janvier 2023)

POLITIQUE - On ne sait pas encore ce qu’il y aura dans la réforme des retraites, mais on sait ce qui n’y sera pas. Quelques heures avant de reprendre les concertations avec les partenaires sociaux, la Première ministre Élisabeth Borne a fait un point ce mardi 3 janvier sur les discussions en cours.

La cheffe du gouvernement l’assure, les concertations avec les syndicats et responsables politiques sont « utiles ». « À chaque fois, on écoute les remarques », insiste-t-elle sur franceinfo. Elle en veut pour preuve qu’à une semaine de la présentation officielle – le 10 janvier sauf changement – le texte n’est pas encore finalisé.

Ce qui ne veut pas dire que tout peut encore bouger. Le gouvernement a déjà établi plusieurs « lignes rouges » et donc fermé la porte à certaines propositions.

Pas touche à Touraine et aux cotisations

Du côté de Matignon et de l’Élysée, l’objectif est clair : il faut retrouver « l’équilibre du système de retraite à l’horizon 2030 ». Ce qui, pour lui, passe forcément par un recul de l’âge légal de départ, même si le départ à 65 ans n’est « pas un totem », selon la Première ministre.

Ce mardi, Élisabeth Borne écarte donc toute augmentation du montant des cotisations pour financer le système de retraites. Selon certains syndicats et ONG comme Attac, cette mesure permettrait de mettre le système à l’équilibre sans toucher à l’âge de départ. Sauf qu’il s’agit d’une « ligne rouge » pour le gouvernement, qui refuse toute mesure susceptible « d’augmenter le coût du travail ».

Autre piste exclue : la modification de la réforme Touraine. Voté en 2014 sous François Hollande, le texte est entré en vigueur en 2020 et fait progressivement passer à 43 annuités la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite pleine. Selon certains élus reçus par la Première ministre, cette dernière s’est montrée « intéressée » par un mix de mesure qui permettrait de repousser l’âge de départ à 64 ans tout en accélérant l’allongement de la durée de cotisation.

Hors de question, donc, d’allonger la durée de cotisation. « Personne ne devrait travailler 47 ou 48 annuités », a assuré Élisabeth Borne sur franceinfo. Dans le même esprit, « l’âge d’annulation de la décote ne bougera pas. Il restera à 67 ans. » En clair, vous pourrez toucher une retraite à taux plein à 67 ans même si vous n’avez pas cotisé 43 ans.

Pas de référendum sur les retraites

Le report de l’âge légal de départ à la retraite est le point le plus controversé de la réforme. Une majorité des Français – plus de 6 Français sur 10 – y est opposée, selon le sondage réalisé par YouGov les 3 et 4 octobre pour Le HuffPost.

Ce n’est guère mieux au Parlement. La gauche est vent debout contre tout report de l’âge de départ, le RN est sur la même ligne et seule la droite laisse encore quelques espoirs au gouvernement, sous conditions. Mais Élisabeth Borne veut y croire : « Mon objectif c’est de trouver un compromis avec les différentes forces politiques, ceux qui voudront bien s’associer à cette réforme », assure-t-elle.

« Je suis certaine que le débat parlementaire aura à cœur d’améliorer aussi la réforme », assure-t-elle. Reste encore une grosse inconnue, susceptible de beaucoup peser au parlement : la réforme fera-t-elle l’objet d’un projet de loi à part ou sera-t-elle glissée au détour d’un projet de loi rectificatif de la Sécurité sociale ? Là-dessus, Élisabeth Borne ne s’avance pas. Une chose est sûre : le débat aura lieu dans l’enceinte du Parlement, et non dans les urnes. Interrogée par un auditeur, Élisabeth Borne a écarté un recours au référendum. « Il faut avoir en tête qu’une réforme des retraites, ce n’est pas oui/non, ce n’est pas un sujet, ce sont de très nombreux sujets », plaide la cheffe du gouvernement.

Elle a jusqu’au 10 janvier pour tout arbitrer, avant une présentation en conseil des ministres le 23. Ensuite, contestation sociale ou pas, il faudra tenir le calendrier : la réforme des retraites sera mise en place en 2023, a martelé Emmanuel Macron lors de ses vœux, voire d’ici « à la fin de cet été ». Le compte à rebours est lancé.

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