Réforme des retraites: Élisabeth Borne consulte sans convaincre les oppositions

Elisabeth Borne - AFP
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Élisabeth Borne veut appliquer "la nouvelle méthode démocratique" promis par Emmanuel Macron pour tenter de convaincre sur la réforme des retraites en consultant largement. Mais ses échanges avec les groupes parlementaires ce mercredi n'ont pas convaincu alors que l'allongement de l'âge de départ à la retraite pourrait être au menu dès le mois d'octobre dans le budget de la sécurité sociale.

La Nupes a déjà prévenu: elle ne veut pas de cette réforme des retraites. Présente sans Julien Bayou, le co-président du groupe écologiste à l'Assemblée, en retrait après des accusations de violences psychologiques de son ex-compagne, Cyrielle Chatelain, son binôme, a indiqué à la Première ministre "son opposition complète" à la réforme "libérale" des retraites.

"On veut nous faire acheter un âne dans un sac"

Même son de cloche du côté des communistes où le président André Chassaigne a pu filer une métaphore auvergnate.

"On veut nous faire acheter un âne dans un sac, on ne sait pas comment la question des retraites va être traitée", a regretté ce proche de Fabien Roussel.

L'exécutif hésite encore sur la méthode à adopter pour présenter devant le Parlement l'allongement de l'âge de départ à la retraite. L'hypothèse d'un amendement dans le budget de la sécurité sociale pour faire passer l'âge de départ de 62 à 64 ou 65 ans tient la corde. Mais celle d'un projet de loi entièrement dédié au printemps prochain n'est pas totalement exclue.

Bayrou met en garde contre "le passage en force"

Du côté de la majorité présidentielle, l'unanimité n'est pas non plus au rendez-vous. François Bayrou a mis en garde le gouvernement samedi dernier dans les colonnes du Parisien, se disant opposé au "passage en force".

En l'absence de majorité absolue à l'Assemblée nationale, le recours au 49.3 semble être une option très probable pour parvenir à faire voter le budget de la sécurité sociale et cet amendement sur les retraites.

Le président du groupe Modem, Jean-Paul Mattei, a déjà annoncé mardi ne pas souhaiter voter cet amendement, tout en jugeant qu'il fallait "faire cette réforme".

Le Pen promet "une opposition totale"

Du côté des Républicains, la méthode aussi interroge. Si la droite s'est dite favorable au fond de la réforme, le président du groupe à l'Assemblée nationale, Olivier Marleix, défendant "le pragmatisme" sur le sujet, Bruno Retailleau, le patron des sénateurs LR a tenu un autre discours.

"Il faut un texte à part, voté par le Parlement. Si c’est un amendement dans le budget de la sécurité sociale, le gouvernement s'empalera", a jugé le sénateur de Vendée au micro de BFMTV.

Marine Le Pen, la cheffe des députés RN, sera reçue ce jeudi par Élisabeth Borne. Elle a déjà promis une "opposition totale".

Article original publié sur BFMTV.com