Réforme des retraites: à la gare d'Austerlitz à Paris, les grévistes fêtent Noël

Les grévistes ont fêté Noël ce lundi soir 23 décembre à la gare d'Austerlitz à Paris. Organisé par l'interprofessionnelle du 13e arrondissement de la capitale. Le repas était accompagné de concerts.

Les grévistes et leurs soutiens étaient tous d'accord sur un point : l'importance d'une ambiance festive pour faire vivre le mouvement. Étudiants, retraités, salariés du privé et cheminots. Ils étaient 300, selon la CGT, à s’être donné rendez-vous pour soutenir le mouvement contre la réforme des retraites.

« Il y a des petites guirlandes assez sympathiques, un groupe de blues qui est juste devant la grille de métro fermé parce que c’est la grève, donc le métro est fermé, explique Aurélien, un enseignant gréviste. Il y a des banderoles de lutte "Austerlitz en grève", "Écoles du 13e en lutte" et il y a un grand buffet, je ne sais même pas comment on va manger tout ça tellement tout le monde a ramené à manger. C’est ça la solidarité aussi. » Pour Aurélien, rien n'est plus important que de faire la fête ensemble.

Les grévistes ne veulent pas faire de trêve de Noël. Ils ont choisi de passer les fêtes de fin d’année ensemble. « La lutte, ce n’est pas que des choses graves et ce n’est pas que de la violence. C’est aussi ces moments-là où on se retrouve », témoigne Myriam, une jeune retraitée de la SNCF.

Ces moments conviviaux sont l’occasion de créer des liens pour Margot, étudiante en histoire, venue avec une amie. « Nous, comme on vient depuis le début dans les AG, depuis le 5 décembre, on s’est fait des petits copains grévistes. C’est un moment de partage, tous ensemble. Et c’est pour cela qu’on est venues. Moi, je serai dans ma famille demain. Pour aujourd’hui, c’est ici ».

Solidarité entre les grévistes

« Les cheminots ne sont pas seuls dans cette bataille, analyse Damien, un jeune cheminot à la SNCF. Il y a les cheminots, il y a la RATP, toute une série de secteurs, dans le privé comme dans le public qui sont aussi en grève. Et d’ailleurs, il y a même ces derniers jours de l’extension dans le privé. C’est extrêmement positif, c’est-à-dire qu’au 19e jour de grève, on a un mouvement qui est en train de continuer à prendre de la force et est loin de s’affaiblir. »

Damien loue la solidarité entre les grévistes. « Le moral est bon. Après comme dans tout mouvement, oui les travailleurs aussi ont le droit de faire la fête et c’est une période de Noël. Nous, on fait un Noël de gréviste et on continuera ensuite le 25, le 26. » Pour la veille de Noël, aucun rassemblement n'est prévu à Paris. Mais les grévistes se réuniront à Angoulême comme à Marseille.

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