Référendum sur les retraites ? Bayrou n'a "aucune envie de gêner le gouvernement"

Le président du MoDem, François Bayrou, n'a "aucune envie de gêner le gouvernement" en reprenant son idée ancienne de référendum sur la réforme des retraites, réclamé par plusieurs oppositions, et compte sur le débat parlementaire pour "améliorer le texte", notamment sur "l'équité hommes-femmes".

"J'ai toujours, tout au long de ma vie, défendu l'idée que devant les extrêmes difficultés d'une réforme des retraites, les trancher par un référendum des Français était la meilleure méthode pour éviter les blocages", a répondu M. Bayrou lors de ses vœux à la presse.

Mais "vous voyez bien que ce n'est pas la démarche que le gouvernement a choisie aujourd'hui. Et donc je n'ai aucune envie de gêner le gouvernement", a-t-il ajouté.

Les députés MoDem ne voteront pas les motions référendaires des oppositions car "ce serait aller à l'encontre de la solidarité que l'on doit au gouvernement".

Le président du MoDem avait notamment émis cette proposition lors de sa campagne présidentielle de 2007.

La démocratie, a expliqué le dirigeant centriste, n'est pas seulement "le mécanisme dans lequel le peuple choisit ses dirigeants. Plus encore que ça, c'est l'idée qu'on peut partager la responsabilité des décisions avec les citoyens".

Cette réforme des retraites, "est-ce que c'est l'idéal ? Nous avions, sous la législature précédente, bâti un système beaucoup plus large, beaucoup plus ambitieux, à mon sens juste, qui était le système universel de retraite par points".

"Les évènements ont fait que le gouvernement a choisi une réforme qui porte davantage sur l'urgence, qu'on dit paramétrique. Nous nous inscrivons dans cette perspective de l'urgence. (...) Et si le gouvernement a décidé, nous sommes présents à ce rendez-vous là", a assuré M. Bayrou.

"Nous souhaitons que le débat parlementaire ait lieu, non pas qu'il soit court-circuité (...). Nous pensons qu'on peut améliorer, préciser, travailler le texte" et "nos groupes parlementaires (feront) tout ce qui est à la mesure de nos forces pour y participer, pour le tenir équilibré", a-t-il ajouté.

"La question de la situation des femmes dans cette réforme, et la question de l'équité hommes-femmes, mérite d'être précisée et améliorée" car "c'est une des conséquences des orientations qui ont été choisies", a jugé M. Bayrou.

Il a en revanche salué "une nouveauté positive du texte": "la perspective d'option dans les dernières années de carrière (...) l'équilibre entre: on va travailler seulement une partie du temps pour préparer la transition, et on acquerra des droits".

bpa/cs/sp