Référendum pro-Erdogan : le «choix cornélien» des Turcs d’Allemagne

Libération.fr

Plus de 63 % des Turcs vivant en Allemagne ont voté oui au référendum de dimanche visant à donner les pleins pouvoirs au président Recep Tayyip Erdogan, avec une participation de 48 % sur 1,4 million d’électeurs potentiels. Une majorité nette par rapport au résultat en Turquie, où le oui s’est établi à 51,4 % - un score contesté par l’opposition, qui dénonce des fraudes et demande l’annulation du vote. L’analyse de Roy Karadag, politologue à l’institut des études interculturelles et internationales à l’université de Brême.


Comment expliquez-vous ce résultat en Allemagne ?Les travailleurs immigrés qui sont arrivés en Allemagne avant 1980 ne sont pas très politisés. Ils veulent d’abord une image forte de la Turquie. Beaucoup n’ont pas analysé le texte du référendum mais ont voté oui pour renforcer la figure d’Erdogan, qui incarne selon eux l’unité nationale. Contrairement à ceux qui ont quitté la Turquie après 1980 pour des raisons politiques - des gens de gauche, des Kurdes, des Alévis - qui ont voté plus majoritairement non. En Suisse, où l’immigration turque est postérieure à 1980, cela se reflète dans le résultat : 38 % seulement de oui.

La société turque est profondément divisée. Est-ce de même pour la communauté turco-allemande ? Les questions politiques déchirent tout autant la communauté turque en Allemagne. Mais depuis le putsch manqué de juillet dernier, il n’y a plus guère de débat parmi les Turcs vivant en Allemagne. Beaucoup font attention à ce qu’ils disent en public et mettent en avant leur admiration pour Erdogan. Quelques-uns n’ont pas osé aller voter au référendum par peur de se faire retirer leur passeport au consulat. La seule chose qui lie tous les Turco-Allemands, ce sont des expériences de rejet qu’ils ont subies dans la société allemande. Pour beaucoup d’entre eux, le oui est un vote contre l’avis majoritaire de la société allemande.

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