Référendum : Macron dans les pas de Mitterrand

Par Michel Revol
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Le 24 juin 1984, la grande manifestation en faveur de l'école privée à Paris. François Mitterrand, affaibli par les manifestations, décide de reprendre la main en proposant un référendum modifiant la Constitution.
Le 24 juin 1984, la grande manifestation en faveur de l'école privée à Paris. François Mitterrand, affaibli par les manifestations, décide de reprendre la main en proposant un référendum modifiant la Constitution.

« De l'inutilité juridique, je déduis l'utilité politique. » Dominique Rousseau a usé ses guêtres dans les amphis, où il fut de longues années professeur de droit constitutionnel. L'homme est devenu méfiant. Et l'initiative d'Emmanuel Macron de modifier la Constitution pour y inclure la protection de l'environnement, puis de faire avaliser le tout par référendum, ne lui dit rien qui vaille. Dominique Rousseau y voit plutôt un coup politique à deux ou trois bandes. La défense de l'environnement étant déjà une valeur constitutionnelle, reconnue comme telle par le Conseil constitutionnel, il est inutile de vouloir l'inscrire dans l'article 1 de la Constitution, argumente-t-il.

En revanche, Dominique Rousseau (comme beaucoup d'observateurs) entrevoit un intérêt politique à cette opération : le Sénat s'opposera sans aucun doute à la révision, ce qui donnera l'occasion à Emmanuel Macron de rejeter la faute sur le Palais du Luxembourg. Lui, en clair, aura tout fait pour protéger l'environnement, mais le Sénat ne l'a pas suivi. On oubliera alors sans doute que certaines propositions de la Convention citoyenne pour le climat, comme la rénovation globale (et fort coûteuse) des logements, sont en partie écartées. Une stratégie déjà utilisée il y a un peu plus de trente-cinq ans, rappelle Dominique Rousseau.

Réunion secrète à Latche

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