Récit. République démocratique du Congo : la drôle de vie des chercheurs d’or du Sud-Kivu

The Economist (Londres)
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En mai de l’année dernière, de l’or a été découvert à Luhihi, une bourgade située dans l’extrême est de la République démocratique du Congo. Depuis, la ruée vers le précieux métal ne faiblit pas. Bars, hôtels et bordels ont ouvert en nombre, appâtant aussi les malfrats, comme le raconte The Economist.

Il n’est pas encore midi, mais les rues de Luhihi, une petite ville de l’est du Congo, sont déjà pleines de monde. Des hommes titubent devant des bars remplis de prostituées. Des joueurs se pressent autour des plateaux de jeu. Une musique assourdissante sort d’un club improvisé près de la rivière où les orpailleurs tamisent la boue pour y trouver de l’or.

Le métal précieux est apparu à Luhihi en mai 2020. Des mineurs amateurs venus de tout le pays se sont alors précipités dans la petite ville. Une rue entière de bars, de bordels, de boutiques et de tables de jeu est sortie de terre du jour au lendemain pour les accueillir. Les propriétaires de ces établissements vont de mines en mines, et partent lorsque les filons s’épuisent ou que les rebelles débarquent. Depuis vingt ans, des dizaines de milices se battent pour le contrôle des mines d’or, d’étain et de coltan dans l’est de la RD Congo.

Ivres d’or et d’armes

Bertun Mupenda, qui dirige une boîte de nuit à Luhihi, a d’abord ouvert un bar dans une ville également saisie par la fièvre de l’or, dans cette province du Sud-Kivu. Il est parti lorsque la ville a été pillée une deuxième fois par les rebelles.

Sept miliciens ont débarqué de nuit avec des armes, dit-il. Ils ont roué de coups mes ouvriers, volés mes bières et nous ont dépouillés de tout notre argent.”

Mupenda a dû leur remettre plus de 2 000 $ [environ 1 680 euros].

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Luhihi est une ville assez sûre, sans doute parce que ses ressources en or ne sont pas énormes. La colline qui domine la ville est un véritable gruyère

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